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L'appel de Guy Savoy contre les "no show", les réservations non honorées, non annulées

C'est un fléau pour tous les restaurateurs. Les "no show", ces réservation non honorées par les clients qui n'ont, en plus, pas prévenu en avance qu'ils ne viendraient pas. Guy Savoy a co-signé une tribune pour dénoncer ce manque à gagner pour les restaurateurs. Il était l'invité de RMC ce samedi.

Le restaurateur Guy Savoy, co-signe une tribune avec 99 de ses collègues dans Le Fooding et sur Kombini pour lutter contre le "no show". "Le "no show", c'est la table qui reste vide parce que les convives n'ont pas honoré leur réservation" nous explique le chef triplement étoilé de la Monnaie de Paris, invité ce samedi de la Matinale week-end de RMC.

"Pas honoré, pas annulé", une "incivilité" pour Guy Savoy qui explique les conséquences concrètes de ce manque à gagner pour les restaurateurs: "Cela crée du gâchis alimentaire: dans la chambre froide on a des produits périsables, parfois avec une durée de vie de quelques heures donc ces produits partent à la poubelle. Et cela crée un malaise en salle avec les convives qui se demandent pourquoi ils ont eu du mal à avoir une table alors qu'il y a des tables vides."

"Produits gâchés, cuisine perturbée, service parasité, organisation ébranlée, chiffre d’affaires impacté… Un "no show", une réservation pour deux, quatre, huit ou vingt qui n’est pas honorée, et c’est tout un resto qui paie. Au point de mettre nos adresses préférées en réel danger. Alors, en quatre mots comme en cent : NO MORE NO SHOW", explique cette tribune.

Ainsi, Guy Savoy lance un appel aux Français qui vont au restaurant, du petit boui-boui au triple étoilé comme le sien: "je vous encourage vivement à appeler le soir au dernier moment pour obtenir une réservation, à 18h, 19h voire même 20h."

Des conséquences économiques

Le "no show" a aussi une conséquence financière importante pour les restaurateurs, "de l'ordre de 3 à 5% du chiffre d'affaire, au-dessus de la marge bénéficiaire du restaurant" explique le chef de la Monnaie de Paris. "On a tendance à oublier que le restaurant est une entreprise. Il y a beaucoup d'emplois, donc de salaires, de charges" explique-t-il.

Pour régler ce problème, Guy Savoy avoue avoir "pensé" à "faire payer un acompte". Mais "ce n'est pas dans notre culture", déclare-t-il, alors que les restaurateurs "scandinaves le font".

"Nous sommes des lieux de défense de l'art de vivre à la française. Mais, c'est peut-être une erreur. Én étant trop courtois, trop civilés, on n'apparaît peut-être pas comme une entreprise sérieuse qui a besoin de faire du chiffre d'affaire."

Autre phénomène qui se développe selon le chef: "des tables de cinq ou six qui viennent avec un ou deux convives de moins". Guy Savoy lance alors un appel pour "éviter du remue-ménage" pour redresser les tables: "ça ne coûte rien de passer un petit coup de fil" pour prévenir.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC