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Où en sont les négociations salariales dans l'hôtellerie-restauration?

Les partenaires sociaux de l'hôtellerie et restauration s'étaient donné jusqu'à mardi pour discuter de l'amélioration des conditions de travail. Mais les discussions ont pris du retard.

Les discussions entre partenaires sociaux de l'hôtellerie-restauration sont toujours en cours. Le premier enjeu concerne les conditions de travail qui, plus encore que les salaires, ont fait fuir beaucoup d’employés du secteur.

La compensation du temps "perdu" entre deux services est l'un des enjeux majeurs. Le patronat est toujours contre sa suppression, mais désormais ouvert à une contrepartie. Une proposition a été faite, pour indemniser à partir de la troisième coupure hebdomadaire. Reste à savoir si elle se fera sous forme de contrepartie financière ou en temps de repos.

Autre revendication forte, les week-ends. Le patronat est ouvert à deux jours de repos consécutifs, mais refuse encore l'attribution d'un week-end par mois, demandé par plusieurs syndicats. Un accord, qui pourrait montrer la voie, vient d’accorder dix week-ends par an.

Autre enjeu, la protection sociale. Le régime de la profession accuse plusieurs millions d'euros de déficit. Aujourd’hui, les cotisations sociales sont de 28 euros minimum par salarié et par mois, 14 à sa charge, 14 à la charge du patron. Le patronat serait d’accord pour financer un nouveau principe de répartition de 35%-65%, avec un maximum de 16 euros par salarié. Et le régime de protection serait enfin accessible aux apprentis.

Financièrement, que peuvent espérer les salariés?

Il n'existe actuellement aucune grille déterminant les rémunérations selon les niveaux de formation en dépit de discussions ouvertes il y a trois ans. Des avancées sont en bonne voie pour reconnaître notamment la polycompétence. Par exemple, quand on demandera à quelqu'un de prendre des responsabilités qui ne correspondent pas à son poste, il sera rémunéré en plus.

Concernant la coupure, le patronat la valoriserait à un forfait d'environ 4 euros, selon la CGT. Accor propose déjà 5 euros, les syndicats veulent le double. La question des heures supplémentaires, plus mal payées que dans les autres secteurs, n’a elle pas été abordée.

Emmanuel Lechypre