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Prix de l'énergie, des matières premières... vers une baguette à 1,50 euros?

Une facture plus chère pour le petit déjeuner ou plus de pain du tout? Mal protégés par le bouclier tarifaire, les boulangeries craignent de devoir passer la baguette a près d'1,50 euros ou de mettre la clé sous la porte.

Les prix de l'énergie flambent et les factures vont fortement augmenter pour les professionnels. Notamment pour les boulangers qui n'ont pas accès au bouclier tarifaire. En effet, le bouclier tarifaire fonctionne pour les TPE de plus de dix salariés dont la puissance du compteur ne dépasse pas les 36 kilovoltampères. Les boulangeries sont au-dessus de cette consommation et beaucoup ont aussi moins de salariés.

Vers une baguette à 1,50 euros?

Les professionnels sont inquiets comme Jean-Yves Boullier, boulanger depuis 35 ans et gérant du Moulin de la croix Nivert. Aujourd'hui, sa facture est de 3.700 euros par mois. En fin de contrat au 31 décembre, son fournisseur énergétique lui a fait des propositions de renouvellement à près de 10.000 par mois. Une facture multipliée par trois, qu'il lui est impossible pour d'accepter.

"Mis à part à répercuter le prix pour les clients. Nous, la baguette blanche est à 1,05 euros. La tradition à 1,25 euros. A 10.000 euros par mois de facture, la baguette va passer à 1,40/1,45 euros" explique le boulanger.

Des boulangeries sur le point de fermer?

Entre les clients compréhensifs et ceux qui pensent limiter leur consommation de pain, l'inquiétude est grande pour les boulanger. Jean-Yves Boullier espère que le gouvernement accordera des aides aux boulangers, sinon il mettra la clé sous la porte: "on ne sait pas si dans six mois on sera encore là. A un moment, l'entreprise ne pourra pas pouvoir suivre et déposera le bilan. Il faut absolument qu'ils fassent quelque chose pour nous aider."

Même constatation pour Stéphanie. Boulangère en Ardèche depuis 24 ans, elle va fermer sa boutique :

"Entre le prix du fioul, le sel qui a pris 80%, la farine, la concurrence, une hausse de loyer de 100%... on va fermer sous peu, dans les six mois qui viennent", expliquait-elle ce matin dans la Matinale week-end de RMC.

Dominique Anract, le président de la confédération de la boulangerie-pâtisserie, invité de la matinale de RMC, demande "un bouclier tarifaire" boulangerie au gouvernement, face à des factures "multipliées jusqu'à quatre". Sans cela, "ils vont augmenter tous les prix de 30%."

En attendant, afin de consommer moins, Jean-Yves et ses équipes remplissent au maximum les fours et diminuent les cuissons quand cela est possible.

Léna Marjak avec Maxime Martinez