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Agriculture: un appel à "un quoi qu'il en coûte énergétique" pour sauver les exploitations

La situation est insoutenable dans les exploitations agricoles. L'augmentation du prix de l'électricité s'ajoute aux nombreuses difficultés déjà existantes. Certains contrats ont même été rompus unilatéralement, comme dans la coopérative Biocer, qui compte 280 exploitations. Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne (Union centriste), appelle à un "quoi qu'il en coûte énergétique" pour l'agriculture, ce lundi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

Les agriculteurs sont-ils les grands oubliés du bouclier tarifaire? Dans leurs exploitations, ils n'ont pas le choix que de consommer énormément et, par conséquent, les factures explosent.

Pire encore, "on a plusieurs exemples de contrats avec des fournisseurs d’électricité qui ont été rompus unilatéralement et pour lesquels on ne trouve pas de fournisseurs alternatifs", déplore Nathalie Goulet, sénatrice Union Centriste de l'Orne, invitée d'"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story, ce lundi.

La sénatrice prend l'exemple de la coopérative Biocer, qui collecte des céréales bio. "Elle avait un fournisseur avec un contrat à durée indéterminée. Il a été rompu en juillet et aujourd’hui, on ne trouve pas de remplaçant, en tout cas, pas à un prix convenable".

Une situation insoutenable

Auparavant, la coopérative payait "285.000 euros par an" par an d'électricité. Là, "elle va passer entre 750.000 et 1 million d’euros. C’est insoutenable, ils sont en train de chercher la corde pour les pendre". Il y a, au total, 280 exploitations dans cette coopérative. Dans ce cas, deux solutions s'offrent à eux.

"Soit ils arrêtent, et comme c’est une coopérative, ils sont obligés de payer les dettes, soit ils souscrivent un nouveau contrat dans des tarifs absolument prohibitifs, avec éventuellement même des cautions bancaires, et ils ne pourront assurer le suivi financièrement", explique la sénatrice.

Deux solutions qui n'en sont pas vraiment. Cela concerne cette coopérative mais pas seulement. "Ça va concerner toutes les productions agricoles, qui sont des grosses consommatrices d’énergie, comme les producteurs de volaille, les abattoirs etc. Il y a, là, un trou dans le bouclier tarifaire."

"C'est notre souveraineté alimentaire"

"Lorsqu’on a favorisé le dépeçage d'EDF, on a encouragé des gens à aller vers des filières alternatives. Sauf que ces filières alternatives ne jouent pas le jeu et donc il y a, en plus, de la spéculation", se désole-t-elle.

En plus, ceux qui se sont tournés vers l'agriculture biologique ont massivement investi. Sauf qu'avec la situation actuelle, ils pourraient revenir à une agriculture traditionnelle. Cela aura pour conséquence de "paupériser cette filière bio qui était soutenue au départ".

"Je demande au gouvernement de mettre en place un 'quoi qu'il en coûte énergétique' pour l'agriculture et de réunir l'ensemble des acteurs. Ce n'est pas une production comme une autre, c’est notre souveraineté alimentaire", conclut-elle.

AB