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"On pourrait ne pas faire face à certaines factures": les banques alimentaires en danger

Les banques alimentaires se trouvent en difficulté face aux coûts de l'énergie (photo d'illustration).

Les banques alimentaires se trouvent en difficulté face aux coûts de l'énergie (photo d'illustration). - AFP

Les prix de l'énergie grimpent toujours et mettent en péril certaines activités. Les banques alimentaires, par exemple, ne bénéficient pas du bouclier tarifaire. Invitée sur RMC, Laurence Champier, directrice générale de la Fédération française des banques alimentaires, envoie un signal d'alerte. Si rien n'est fait, certains établissements pourraient subir des coupures d'électricité ou fermer.

"On pourrait ne pas faire face à certaines factures d’électricité ou de gaz. À La Rochelle, on passe d’une prévision de 40.000 à 210.000 euros, alors cette banque alimentaire ne pourra pas faire face. Est-ce que c’est la fermeture ou une coupure électrique?", s'interroge Laurence Champier, directrice générale de la Fédération française des banques alimentaires, invitée sur RMC, ce lundi.

Face aux hausses incessantes des prix de l'énergie, les banques alimentaires se trouvent en difficulté.

"Nous sommes dans le trou de la raquette sur ces mesures et on lance une alerte. Les banques alimentaires, cela représente plus de 120.000 m2 de chambres froides, plus de 500 des camions qui sillonnent tous les jours les routes de France pour aller récupérer les denrées alimentaires et ce sont aussi des épiceries itinérantes qui vont au plus près des personnes en milieu rural", rappelle-t-elle.

Des augmentations entre 40 et 170 % sur l'électricité

De fait, les besoins en énergie sont énormes. Problème: les banques alimentaires ne bénéficient pas du bouclier tarifaire et vont payer plein pot ces factures gigantesques. "On se pose des questions sur notre avenir et sur la pérennité de notre action à l’entrée de l’hiver", affirme Laurence Champier.

"Le carburant, pour nous, c'est le nerf de la guerre. Sur l’électricité, on a des augmentations prévues entre 40 et 170% en fonction des territoires et selon le fait qu’on renégocie ou pas notre contrat avec notre fournisseur", explique-t-elle. Sauf qu'il est impossible pour les banques alimentaires de répercuter les coûts sur les associations partenaires qui viennent s'approvisionner.

"Nos ressources ce sont des subventions, du mécénat et des dons financiers du grand public. On a des trésoreries extrêmement tendues, alors on demande à être intégré au bouclier tarifaire et d'obtenir le label "activité essentielle", comme pendant le Covid, pour ne pas subir de coupures électriques sauvages", ajoute la directrice générale.

Une hausse de 9% des demandeurs en six mois

La situation est urgente, d'autant plus que ces associations font face à une arrivée importante de demandes. "Dans les banques alimentaires, on a déjà une hausse de demandeurs +9 % depuis janvier 2022", annonce Laurence Champier. À titre de comparaison, sur les deux années Covid 2020 et 2021, "c’était un cumul de 10%". Il y a donc presque autant de demandeurs en plus en six mois que pendant les deux années Covid.

"On est relativement inquiets de voir cette montée et l'effet du poids de l’inflation", conclut-elle.

AB