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Rémunération de Carlos Tavares: "Il y a une haine de la méritocratie en France" selon Kevin Bossuet

Les 19 millions d'euros annuels promis à Carlos Tavares, le PDG de Stellantis, sont tout à fait justifiés pour Kevin Bossuet, membre des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

Le salaire du patron de Stellantis fait jaser. Carlos Tavares, le patron de la fusion PSA-Fiat Chrysler, a perçu un peu plus de 19 millions d’euros avant impôts. Avec un salaire fixe de 2 millions d’euros, il touche également de l’argent lié à sa performance, une prime liée à la création de Stellantis et des attributions d’actions gratuites fondée sur des objectifs.

Un salaire mirobolant lié à la bonne santé de l’entreprise, qui affiche un bénéfice net de 13 milliards d’euros en 2021, trois fois plus par rapport à 2020 (grâce à la fusion notamment). Suffisant pour justifier les 17% d’augmentation de Carlos Tavares? Pas pour les syndicats qui constatent que les salariés du groupe n’ont bénéficié eux que de 3% d’augmentation.

Un écart de rémunération qui ne choque pas Kevin Bossuet. "Ce n’est pas de l’argent public donc je n’en ai rien à faire. Cet homme gère son entreprise et ses salariés comme il le veut", assure-t-il ce jeudi dans les "Grandes Gueules".

"C’est un peu immoral"

Mais il y a quand même eu une motion de la part des actionnaires eux-mêmes rappelle l’étudiante Léa Falco: "C’est d’ailleurs un consortium qui gère 15 marques dont des marques qui ont reçu des subventions françaises et européennes depuis des années. Très bien si ça les maintient à flot mais en contrepartie il faudrait peut-être qu’il y ait des conditions sociales favorables", assure-t-elle alors que le groupe franco-italo-américain qui a sa résidence fiscale aux Pays-Bas.

Medhi Ghezzar, lui-même garagiste et chef d’entreprise, estime que le problème est plus profond. "Chez tous les partenaires de ces grands groupes, toutes les pièces mécaniques ont augmenté de 30%. Ils l’assurent, c’est à cause de la hausse des prix. Donc tous les garagistes et les sous-traitants sont obligés de se serrer la ceinture et augmenter leur prix. Et tout en haut de la pyramide, on voit un dirigeant comme Carlos Tavares, c’est un peu immoral", juge-t-il.

Des arguments qui ne touchent toujours pas Kevin Bossuet, qui lui y voit simplement de la jalousie. "Il y a une haine de la méritocratie dans ce pays. Ce patron gère bien son entreprise, il permet à des milliers de salariés d’avoir un salaire, cette haine de l’argent c’est incroyable. Le problème de la France, c’est que les gens regardent les autres en les jalousant. Les gens devraient changer de philosophie et essayer de faire pareil. On est dans un égalitarisme destructeur", assure-t-il

De quoi laisser à Medhi Ghezzar le mot de la fin. "Tu es hors-sujet Kevin", conclut le garagiste.

G.D.