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"Les salariés en ont marre": quelle ampleur et quel soutien en cas de grève générale?

Alors que les appels à la grève générale se multiplient, que la tension monte et que l'essence vient à manquer, une moitié des Français se dit favorable à la grève tandis que l'autre est contre.

La France se dirige-t-elle vers la paralysie générale? Alors que la grève des raffineurs bat son plein et que l'essence se fait de plus en plus rare, la SNCF va être touchée également. Le syndicat Sud-Rail a en effet voté la grève lundi dans un centre de maintenance d'Île-de-France, celui qui gère tous les départs de la Gare du Nord de Paris. Plus largement, la CGT appelle à élargir la grève à tous les secteurs de l'énergie et prépare une journée de grève générale la semaine prochaine.

Rien ne semble pour l'instant ralentir le mouvement. Ni les réquisitions de personnel, ni les appels du gouvernement à Total pour l'augmentation des salaires n'ont fait mouche. La grogne ne redescend pas du côté des grévistes. Et du côté des Français, la tension monte. Les insultes et les bagarres se multiplient à la pompe tandis que de nombreuses professions sont impactées par la pénurie d'essence.

"Les gens s'échauffent à la pompe parce qu'ils ne savent pas comment ils vont aller au travail"

Mais pour l'instant, une majorité relative de Français soutient toujours la grève. Selon un sondage de l'institut Elabe pour BFMTV publié ce mercredi, 42% des Français soutiennent la grève, tandis que 40% désapprouvent et 18% restent indifférents.

Le restaurateur Stéphane Manigold fait clairement partie des 40%. "On a 14.000 types qui font ch... les Français et qui emmerdent les commerçants", peste-t-il ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules". "Les gens commencent à s'échauffer à la pompe parce qu'ils ne savent pas comment ils vont aller au travail le lendemain! Et ces gens-là, ils ne gagnent pas 2.500 euros par mois", ajoute sur RMC et RMC Story, évoquant le salaire supposé des opérateurs de raffinerie qui réclament une hausse de leur salaire.

Il déplore les demandes des salariés, qui refusent une prime de la direction mais veulent une augmentation permanente des salaires. "Les superprofits que génère aujourd'hui Total, ce n'est pas sûr qu'il les génère encore dans dix ans", ajoute Stéphane Manigold.

"Ceux qui travaillent, ils se sont fait avoir"

C'est justement pour cette raison que la colère est grande, estime Etienne Liebig. "Les salariés en ont marre, il y a de l'inflation et des gens en difficulté qui ont du mal à vivre. Forcément, il y a des colères alimentées par de très grosses erreurs de communication, comme avec Total", assure-t-il à propos de l'augmentation de 52% du PDG de Total et la distribution de plus de 2,6 milliards d'euros aux actionnaires du pétrolier français.

"On parle toujours de 'valeur travail', sauf que là, ceux qui ont gagné de l'argent, ce ne sont pas ceux qui travaillent mais ceux qui ont placé leur argent. Et ceux qui travaillent, ils se sont fait avoir dans cette histoire", estime l'éducateur.

"On voit qu'un certain nombre de gens n'a pas été affecté par la pandémie puis la guerre. Ils ont même gagné plus d'argent. Et l'aide générale aux entreprises chaque année, c'est 160 milliards d'euros, le premier budget du pays avant la vieillesse. Je comprends donc que des gens soient énervés", ajoute Etienne Liebig, espérant voir des accords de branche être signés avant une grève générale.

Mais la perspective d'une grève générale semble se dessiner. Selon nos informations, plusieurs syndicats doivent se rassembler en vue d'un appel à la grève générale. L'intersyndicale professionelle doit déboucher sur un appel commun à faire grève le 18 octobre.

G.D.