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Réforme des retraites: Emmanuel Macron veut "des compromis responsables" et vise l'été 2023

Lors de son interview du 14-Juillet, Emmanuel Macron a expliqué que des discussions seraient lancées à la rentrée au sujet de la réforme des retraites. Il vise une application l'été prochain.

Des discussions à partir du mois de septembre et une application à l’été 2023. Emmanuel Macron a réaffirmé ce jeudi, lors de son interview du 14-Juillet, sa volonté de faire passer la réforme des retraites promise pendant sa campagne pour son second mandat, malgré les potentielles oppositions à l’Assemblée nationale, où la majorité présidentielle n’est plus absolue. "Il faut bâtir des compromis responsables", a souligné le président de la République après avoir détaillé ses objectifs.

"Je me suis engagé sur le fait de décaler progressivement l’âge de départ, vers 65 ans, à l’horizon des années 2030, en décalant de quatre mois en quatre mois, a indiqué Emmanuel Macron. Nous devons travailler plus et plus longtemps, il n’y a pas de doute. Nous avons l’un des modèles sociaux les plus généreux. Il y a trois manières de financer cela et la transition énergétique. L’impôt, je le redis, pas de hausse. Nous les avons baissés pour redevenir compétitif. La dette, ce sont nos enfants. A-t-on de la marge ? Non. On a augmenté la dette pendant la crise Covid, je l’ai assumé, comme tous les pays européens. On doit revenir au sérieux budgétaire. On ne doit pas augmenter la dette. J’ai pris l’engagement de commencer à la rembourser à partir de 2026. Et la troisième manière, c’est d’augmenter nos richesses. La France a deux choses qui la différencient de ses grands voisins: un taux de chômage qui est plus élevé et on travaille moins longtemps."

"Un coup de chaud nocturne" et un "attelage baroque" contre la majorité à l’Assemblée

"La discussion doit démarrer à la rentrée, a assuré Emmanuel Macron à propos de cette réforme des retraites. Au sortir de l’été, il y aura une discussion stratégique et générale sur tous les sujets. Les 65 ans, ce ne sera pas sous ce quinquennat (l’application, ndlr). Je sais que nous devons travailler plus longtemps. On doit faire cette réforme. Il y aura cette discussion, puis un travail avec les syndicats et au parlement. Dès l’été 2023, je pense qu'il faut qu’on ait une première entrée en vigueur."

Reste à trouver une majorité à l’Assemblée nationale. "Il faut le faire en respectant chacune et chacun, en étant uni", soutient le président de la République. A-t-il peur que les réformes qu’il souhaite soient bloquées par les députés ? "Non", répond-il. "Je crois à l’esprit de responsabilité des formations politiques à l’Assemblée". Mais ça n’a pas échappé à Emmanuel Macron que mardi soir, une mesure du projet de loi sanitaire, sur le contrôle du pass sanitaire aux frontières, a été retoquée au Palais Bourbon. "Il y a eu un coup de chaud nocturne, estime le président. Des députés de LFI, du RN et de LR ont voté ensemble. Il n’y a de majorité contre le gouvernement qu’avec cet attelage baroque. Je crois dans la sagesse de ces mêmes parlementaires, et des sénateurs, pour les textes à venir."

LP