RMC

Faut-il une 3ème dose de vaccin anti-Covid-19? "Pas lieu pour le moment" juge la Haute autorité de santé

-

- - RMC

Jamais deux sans trois? L'hypothèse qu'une troisième dose devienne nécessaire pour tous les gens vaccinés contre le Covid-19 fait débat, mais les autorités sanitaires jugent qu'il est trop tôt pour trancher, même si certains pays le font déjà pour certaines populations fragiles.

 n'y a "pas lieu pour le moment" de proposer une 3e dose de vaccin contre le Covid-19 à l'ensemble de la population, "en dehors des plus vulnérables et des plus âgés", faute de "données disponibles", a estimé vendredi la Haute autorité de la santé (HAS).

"S'il paraît très probable qu'une injection de rappel procurera effectivement un effet boost (...), les données disponibles à ce jour ne permettent pas d'évaluer précisément l'impact ni la nécessité d'un tel rappel sur la prévention des échecs vaccinaux", argumente l'autorité sanitaire, après l'annonce lundi par Emmanuel Macron d'une "campagne de rappel" à la rentrée pour les premières populations vaccinées.

La HAS "estime donc qu'il n'y a pas d'argument pour recommander l'administration d'une dose de rappel au-delà des personnes déjà ciblées par les décisions gouvernementales, et ce, quels que soient les vaccins initiaux".

"La priorité pour les prochaines semaines est de tout mettre en oeuvre afin d'augmenter la couverture vaccinale, en particulier chez les personnes âgées de plus de 80 ans pour lesquelles la couverture vaccinale est encore insuffisante (75%) malgré leur grande vulnérabilité face à la maladie", ajoute-t-elle dans un communiqué.

Ce débat sur la troisième dose a pris corps quand l'alliance Pfizer/BioNTech a annoncé le 8 juillet vouloir bientôt demander l'autorisation pour une troisième dose aux Etats-Unis et en Europe. Selon ces laboratoires, cela a pour but d'assurer une protection immunitaire renforcée aux personnes déjà vaccinées avec deux doses. 

"Même si la protection contre les cas graves de la maladie reste haute durant six mois, un déclin dans son efficacité contre les cas symptomatiques au cours du temps et de l'émergence de variants est attendu", a fait valoir Pfizer/BioNTech, selon qui "une troisième dose pourrait être nécessaire entre 6 et 12 mois après" la deuxième.

Dans la foulée, des représentants de Pfizer ont plaidé leur cause auprès des responsables sanitaires américains. Il s'agit de "se préparer à l'éventualité qu'on puisse avoir besoin d'un rappel", a commenté mardi sur CNBC le conseiller médical de la Maison Blanche, Anthony Fauci. "Mais il ne faut pas traduire ça par 'On aura besoin d'un rappel et tout le monde en aura un'. Nous n'avons toujours pas injecté les deux premières doses à suffisamment de gens", a tempéré cet expert respecté.

L'extension de l'obligation vaccinale "pourrait être envisagée"

Dans un deuxième avis également publié vendredi, l'autorité sanitaire estime "justifiée" l'obligation du vaccin contre le Covid-19 "pour les professionnels au contact de personnes vulnérables", tel qu'annoncé par le président de la République et tel que prévu dans le projet de loi qui sera présenté lundi au Conseil des ministres.

La HAS juge même "que l'extension de l'obligation vaccinale pourrait être envisagée (...) pour les personnes vulnérables dès lors que la couverture vaccinale ne progresse pas" et que la question d'une obligation pour "l'ensemble des professionnels en contact avec le public et au-delà en population générale mérite également d'être posée". 

A ce stade, plus de la moitié de la population française a reçu au moins une dose de vaccin, et plus de quatre personnes sur dix ont bénéficié d'un schéma de vaccination complet.

L'annonce lundi soir de l'obligation vaccinale pour certaines professions et d'une extension du pass sanitaire aux événements culturels dès mercredi puis à de nombreux autres lieux (restaurants, grands centres commerciaux...) début août a entraîné un afflux vers le vaccin avec "près de trois millions" de prises de rendez-vous en trois jours, selon Emmanuel Macron.