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Recul, effets secondaires, bénéfice/risque... Sept questions que vous vous posez peut-être toujours sur la vaccination

Le médecin urgentiste Yonathan Freund a répondu aux questions d'auditeurs de RMC liées aux vaccins, à quelques jours de l'entrée en vigueur du pass sanitaire.

Les annonces d'Emmanuel Macron concernant le pass sanitaire ont poussé de nombreux Français à se ruer sur les créneaux de vaccination, en berne depuis quelques semaines. Mais dans le même temps, l'impression d'avoir donné un caractère quasi-obligatoire à la vaccination contre le Covid-19 a renforcé les convictions de certains et poussent d'autres à s'interroger de nouveau sur les vaccins contre le virus.

  • A-t-on assez de recul sur ces nouveaux vaccins?

Nombreux sont les Français à s'interroger sur un éventuel recul suffisant sur l'utilisation de vaccins développé à vitesse grand V. Pour Yonathan Freund, médecin-urgentiste à la Pitié-Salpêtrière à Paris et invité de RMC ce vendredi, le recul est suffisant: "On a un recul énorme sur le vaccin depuis 1 an et demi et 3 milliards de personnes vaccinées", assure-t-il. Et alors que certains évoquent un vaccin seulement en phase 3 sur 4 et dont les effets continuent d’être étudiés, Yonathan Freund assure que c’est aussi le cas pour de nombreux médicaments : "C’est vrai et ce n’est pas vrai", nuance-t-il.

"Tous les médicaments mis sur le marché qui ont passé tous les tests nécessaires, et qui ont une autorisation de mise sur le marché, ils continuent d'être analysés et étudiés, c’est ce qu’on appelle la fin de la phase 3 et le début de la phase 4. Les tests qui ont été faits sont largement suffisants pour être certains de la sécurité de ce vaccin".
  • Y-a t-il des effets secondaires à long terme?

C'est l'inconnue qui inquiète le plus après l'apparition notamment de nombreuses thromboses chez des patients vaccinés avec l'AstraZeneca. Concernant d’éventuels effets indésirables, Yonathan Freund rappelle qu’aucun vaccin dans l’histoire n’a permis d’observer des effets secondaires à moyen terme: "Par contre, on n'a pas de recul sur le Covid-19 à long terme. On sait qu’il y a des virus qui donnent des cancers à long terme, plusieurs même. On sait aussi qu’il y a des Covid-19 long qui donnent de nombreuses complications à long terme".

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  • Les vaccins ARN-messagers sont-ils efficaces?

Concernant les doutes liés aux vaccins à ARN-messager, une nouvelle technologie employée par les sérums de Moderna et de Pfizer, Yonathan Freund rappelle que c’est l’AstraZeneca, un vaccin classique qui a présenté le plus de complications et la technologie de l’ARN-messager n’est pas si nouvelle que ça finalement : "Cela fait 20 à 30 ans qu’il y a des expériences sur ces vaccins mais cela a déjà été testé pour des virus comme Ebola ou Zika".

  • Pourquoi cherche-t-on à atteindre une immunité collective?

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le pass sanitaire qui imposerait la vaccination à tous. Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, ne comprend pas pourquoi on continue à s’inquiéter alors que les vaccinés ne devraient plus avoir peur du virus: "Dupont-Aignan n'a jamais été très fort sur la logique. On sait que quand on est vaccinés on est protégé à 75% (60 à 80% selon les études ndlr). On l’entend partout, il ne faut pas faire le benêt, ce n’est pas une protection à 100% ce n’est pas tout blanc ou tout noir", tacle Yonathan Freund.

"C'est inimaginable de mettre en danger des personnes fragiles ou à risques qui se sont faites vacciner et qui gardent un tout petit risque de se faire contaminer. C’est un risque qui est inacceptable", ajoute le médecin.
  • Y-a t-il eu des cas d'infertilité après la vaccination?

Certains auditeurs de RMC s'interrogent sur d'éventuels cas d'infertilité causés par la vaccination. Yanathan Freund balaie d'un revers de la main ces fausses informations: "C’est typiquement une légende urbaine. Il n’est pas question d’une ou plusieurs études qui auraient évoqué des cas d’infertilité. C'est une fake news, il y a 0 cas d’infertilité, suspecté ou prouvé, c’est une légende qui s’est répandue sur les réseaux sociaux, c'est complètement con, c’est au même niveau que les puces 5G".

  • Pourquoi se vacciner si l'on est jeune et en bonne santé?

Chez les plus jeunes, on ne craint pas forcément le Covid-19 et ses variants, qui touchent en grande partie il est vrai, les plus âgés et les personnes à risque. Mais l'on n'est pas à l'abri pour autant.

"Vous ne risquez pas rien, j’ai vu des malades jeunes, en bonne santé, en pleine forme et qui ont fini en réanimation. En plus de ces cas extrêmement rares, il y a des cas modérés avec des séquelles à long terme", rappelle le praticien.

L'urgentiste rappelle également que l’on risque toujours de contaminer des personnes plus à risques.

"On a toujours des patients jeunes qui arrivent avec le Covid-19. Les formes graves que l’on voit arriver aujourd’hui sont des gens qui ne sont pas vaccinés", ajoute-t-il.

Pourquoi ne pas utiliser un traitement plutôt qu'un vaccin?

Et si l’on a bien des vaccins contre le Covid-19, il n’existe toujours pas vraiment de traitement contre le virus. Ceux qui comme Florian Philippot ou Nicolas Dupont-Aignan plaidaient pour l’hydroxychloroquine du professeur Raoult malgré le peu d’études probantes, plaident désormais pour l'ivermectine, revigorés par une étude de l’institut Pasteur qui évoque des effets positifs, mais seulement chez des hamsters pour l'instant...

"Il y a une centaine de molécules à l’essai sur des tonnes d’essais cliniques. Pour l'ivermectine, il faut remettre l’étude de l’institut Pasteur dans son contexte. On est sur une étude de phase 1 sur 18 hamsters et on a remarqué que certaines femelles exprimaient un peu moins certains marqueurs inflammatoires avec de l’ivermectine. On va se calmer sur un nouveau traitement, on est que sur des prémices, il y a eu des études sur des humains et ça ne marche pas. Il faut rester au vaccin", assure Yonathan Freund.

En attendant d'atteindre peut-être un jour l'immunité collective, on recensait au 15 juillet 36.738.501 personnes ayant reçu une 1ère injection de vaccin et 29.201.246 d'autres bénéficiant d'un schéma vaccinal complet.

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Guillaume Dussourt