RMC

Incivilités entre voisins: la ville de Nice menace d'expulser les délinquants des HLM

Ce partenariat est porteur d'espoir pour les locataires de HLM qui n’en peuvent plus des nuisances quotidiennes.

Le Conseil municipal de Nice a adopté une délibération qui entérine une convention entre le parquet de Nice, la police nationale et municipale et le bailleur social “Côte d'Azur Habitat”.

Le but? Un échange gagnant-gagnant. Le principal bailleur de Nice aide le procureur en lui donnant des informations sur ce qui se passe notamment dans les halls d’immeuble. En ligne de mire du parquet, la lutte contre le trafic de drogue. Et en échange, le procureur s’engage à fournir rapidement et facilement les documents concernant des jugements ou condamnation sur les locataires que le bailleur veut expulser. Ceci afin de faciliter les expulsions.

Marie Jeanne Murcia est une représentante des locataires. Et un peu partout dans les quartiers de Nice, elle constate des incivilités.

"Ça va des petites nuisances au quotidien à des problèmes beaucoup plus importants. Il arrive aussi qu’on fracture des boîtes aux lettres. Les nuisances sont multiples. Quand vous les subissez à longueur d’année, ça devient un problème pour certaines familles qui en souffre énormément”, assure-t-elle.

Elle décrit les nuisances auxquelles elle est confrontée au quotidien. “Quand vous cassez une porte d'ascenseur, vous savez que celui-ci va rester en panne plusieurs jours. Et même si la solidarité se met en place entre locataires, il y a beaucoup de mamans avec des poussettes qui ne peuvent plus descendre, beaucoup de personnes âgées pareil. Et ça me paraît dramatique pour des personnes. Lorsque des blocs de boîte aux lettres sont cassés, ça ne semble pas énorme, mais pourtant, c’est important pour certaines personnes d’avoir le courrier comme il faut. Donc même si l’organisme s’efforce de réparer ça le plus rapidement possible, cela fait des désagréments qui s’accumulent”, détaille-t-elle.

Un outil de dissuasion?

La solution pour en finir avec cette souffrance commence par ce partenariat entre le parquet, la police et les bailleurs sociaux pour Philippe Vardon, élu du Rassemblement national.

“Cet outil permet l’identification des fauteurs de troubles des délinquants dans certains quartiers et ensuite si la volonté politique suit ça peut permettre les expulsions”, assure-t-il.

Cet outil est “une lueur d’espoir” pour Marie Jeanne Murcia pour qui l'expulsion doit se faire “en dernier recours''. 

“On a envie d’y croire, parce que pour nous, c’est une espérance. On sait aussi qu’il n’y aura pas autant d’expulsions qu’on veut bien nous le dire. Nous ce qu’on espère, c’est que la menace d’une expulsion fasse peur aux parents et aux enfants qui ne voudront pas être expulsés et peut-être que ça leur permettra aussi de changer de comportement”, précise-t-elle sur RMC.
Maxime Brandstaetter avec Guillaume Descours