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Comment, depuis la Géorgie, un réseau d'opposition russe manifeste contre la guerre en Ukraine

Alors que la Russie a lancé une nouvelle offensive dans le Donbass certains Russes, opposés à la guerre, tentent de mener des actions pour dénoncer. Mais cette opposition a du mal à se faire entendre à cause de la répression exercée par le Kremlin.

Une nouvelle phase de la guerre en Ukraine semble avoir démaré avec l’offensive russe dans le Donbass. Et celle-ci indigne une partie de la population russe. Celle opposée au conflit mais qui ne peut pas se faire entendre dans la rue à cause de la répression du Kremlin.

C'est depuis la Géorgie, où elle s'est réfugiée, que Maria coordonne un petit réseau de résistance présent un peu partout en Russie. On arrive à la joindre via la messagerie Telegram de son réseau qui reçoit de plus en plus de demandes récemment.

"De plus en plus de personnes s'expriment comme ils peuvent. On a l'impression que c'est massif. On a un symbole, un ruban vert qu'on peut attacher partout. Si vous regardez des vidéos de certaines grandes villes, vous en verrez beaucoup", indique-t-elle.

Une opposition muselée

Manifester en nombre dans la rue en Russie comme au début du conflit, c'est risquer la prison aujourd'hui. Alors l'organisation de Maria a répertorié différentes astuces pour protester dans un guide intitulé: "Comment rendre la contestation plus visible".

"En Russie, les commerçants doivent accepter tous les billets, même si on écrit dessus. Donc vous pouvez écrire "Non à la guerre dessus”. Ça permet de diffuser le message notamment auprès des plus âgées qui ne s'informent que par la télé, pas par internet. Quand ils reçoivent un billet avec un message dessus, ça peut casser la propagande", appuie-t-elle.

D'autres collent des autocollants ou dessinent des graffitis anti-guerre sur les murs. Mais résistance surtout symbolique d'après la sociologue spécialiste de la Russie, Françoise Deaucé. "Cette opposition est très fragile. Dans le contexte actuel il est difficile d’envisager de renverser la situation”, appuie-t-il.

Une opposition d'autant plus faible que beaucoup de leaders comme Maria ont fui la Russie par peur de représailles.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours