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Grande-Bretagne: à quelques voix près, Boris Johnson conserve son poste

Le Premier ministre britannique Boris Johnson ne devra pas démissionner, après le vote de défiance de son parti lundi soir. Mais ce fut très serré.

Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a sauvé son poste en obtenant lundi soir la confiance des députés conservateurs. Mais il a eu chaud. 148 députés de son propre parti ont voté la défiance. S’ils avaient été une trentaine de plus, Boris Johnson aurait dû aussitôt démissionner. Une fin de carrière déshonorante. Tout cela, c’est la suite de l’affaire du ‘party gate’, le scandale des fêtes.

Pendant le premier confinement, les services du Premier ministre ont organisé quelques fêtes mémorables et alcoolisées au 10 Downing Street. Au moins 18 surprise-parties, dont une soirée arrosée où Boris Johnson avait fait un discours très décousu. Une soirée aussi qui s’est tenue une heure et demie seulement après une conférence de presse pour interdire aux Anglais de se réunir à plus de deux.

Une impopularité grandissante

Les faits sont connus, et Boris Johnson a même dû payer une amende. Mais il n’a pas été politiquement sanctionné. Sauvé une première fois par la guerre en Ukraine, obtenant un nouveau sursis pour ne pas perturber le jubilé de la reine. Finalement, la tentative de putsch a eu lieu lundi soir. Mais elle a échoué et Boris Johnson reste aux manettes, pour le moment.

Mais ce dernier est tout de même de plus en plus impopulaire. On l'a constaté ce week-end, il a été sifflé en arrivant à la messe pour la reine.

Boris Johnson ne laisse personne indifférent. Il a fait toute sa carrière en mélangeant la provocation, la brutalité, mais aussi l’efficacité. Il s’est fait élire en 2019 en promettant d’enfin sortir de l'Europe et il l’a fait. Pendant le Covid, il a été le seul en Europe a tenté de laisser courir le virus pour atteindre l'immunité collective, mais il a dû changer d’avis en une semaine seulement et il a confiné le pays comme tout le monde. Il a d'ailleurs juste après été lui-même très gravement malade.

Ajoutez aujourd’hui la crise due à la guerre en Ukraine et l’inflation galopante, plus le scandale des fêtes et surtout le fait que son charme n'opère plus. Les Anglais le trouvaient drôle, ils le trouvent désormais vulgaire. Et l’on se rappelle que lors de sa première campagne, il avait promis: “Si vous votez pour moi, vos femmes auront de plus gros seins”.

C’était de l’humour anglais, c'était Boris Johnson. Ça passait il y a 20 ans, ça ne passe plus aujourd’hui.

Nicolas Poincaré