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Guerre en Ukraine: après 15 jours sur place, Nicolas Poincaré raconte

Parti couvrir le conflit en Ukraine pour RMC, Nicolas Poincaré est revenu en France cette semaine. Invité dans les "Grandes Gueules" ce mercredi, il apporte son regard sur la situation dans le pays et notamment à Kiev, encore relativement épargnée par les bombardements, et sur l'organisation de la population pour faire face à ce conflit qui dure depuis déjà un mois.

Un mois après le début de l’offensive russe en Ukraine, la guerre se poursuit avec son lot quotidien de bombardements et de négociations. Nicolas Poincaré, grand reporter, est parti 15 jours en Ukraine pour couvrir cette guerre pour RMC. De retour, il est venu, ce mercredi, raconter dans les “Grandes Gueules” ce qu’il a vu là-bas, avec tout d’abord une image qui l’a marqué.

"J’ai beaucoup d’images fortes en tête. Mais il y a une banlieue qui s’appelle Irpin, c’est un peu la ligne de front, le seul endroit où il y a vraiment des affrontements en ville entre Russes et Ukrainiens. Donc c’est un endroit assez difficile d’accès, assez dangereux. Et dans cette ville, il y a un petit hôpital qui est intact et qui a été construit très récemment, donc il est ultra-moderne. Et pourtant, il est complètement fermé parce que tous les médecins et tous les infirmiers sont partis à cause de la ville qui est devenue trop dangereuse. Donc il reste des habitants, il reste des malades. Dans le sous-sol de cet hôpital, il y a gens qui se sont réfugiés, mais il n’y a plus de médecin", explique-t-il.

Parmi les villes qu’il a pu voir, il y a bien sûr la capitale, Kiev, qui est pour le moment assez épargnée par les combats.

"Kiev, c’est une ville très étendue. Donc quand vous êtes dans Kiev, vous entendez presque en permanence au loin des bruits sourds. Ce sont les bombardements à Irpin et à Brovary. Après, une fois de temps en temps, il y a les sirènes, un obus qui tombe ou plutôt un missile longue portée russe qui passe au-dessus de la ville et qui est abattu par la défense anti-aérienne. Il y a peu de victimes civiles à Kiev, déjà parce que la moitié de la population est partie. L’autre moitié vit dans des garages ou va se réfugier dans le métro quand ils ont trop peur", précise Nicolas Poincaré.

La vente d'alcool interdite

L'Ukraine, dont une grande partie de la population a fui notamment à Kiev. Mais ceux qui ont fait le choix de rester l’ont surtout fait par patriotisme.

"Les habitants qui restent sont très patriotes, très militants. Ils sont à 100% derrière le président Zelensky. J’ai rencontré énormément de gens qui me disait ‘je ne l’aimais pas beaucoup avant pour telle ou telle raison’, mais à l’arrivée aujourd’hui, il est d’une popularité incroyable, sa femme aussi", assure Nicolas Poincaré.

Et puis parmi les différentes anecdotes qu’il a pu ramener de ses 15 jours là bas, s’il a constaté que les supermarchés et les hypermarchés sont toujours ouverts, sans pour autant être pris d’assaut par la population restante, les rayons d’alcool eux sont totalement fermés. "Depuis le début de la guerre, toute vente d’alcool est interdite pour éviter que les gens soient bourrés et donc éviter les débordements sur les checkpoints", explique-t-il.

Guillaume Descours