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Guerre en Ukraine, armée française, menace nucléaire: les réponses d'un général français

L'opération militaire russe en Ukraine a commencé jeudi. Une guerre de haute intensité avec des combats jusque dans la capitale du pays, Kiev. Si les dirigeants politiques ont condamné les bombardements et attaques, vont-ils faire intervenir des soldats français?

La situation était tendue depuis plusieurs semaines. Mais jeudi, quand Vladimir Poutine a annoncé que la Russie allait mener une “opération militaire” en Russie, c’est l’Europe, voire le monde, qui a été renvoyée à ses plus sombres heures.

“Je crois qu’on retiendra la date du 24 février 2022 comme la date où la guerre est entrée en Europe. Les images sont terribles. Kiev, c’est une grande capitale européenne qui est frappée en plein cœur par la Russie qui n’a qu’un objectif: décapiter le régime ukrainien et pour cela, il faut détruire la capitale. On est face à un conflit de haute intensité, c'est-à-dire qu’il y a une utilisation de chars, d’infanterie. Et ça, c’est assez nouveau en Europe”, observe le général Jérôme Pellistrandi, invité ce vendredi sur RMC.

Selon lui, ce qu’il y avait de plus surprenant dans la manœuvre russe, c’est l’ampleur avec laquelle ils ont mené leurs attaques jeudi. “Ce qui nous a surpris, c’est l’ampleur de l’attaque hier matin sur plusieurs fronts. Vladimir Poutine ne s’est pas contenté d’aller conforter les deux entraves pro-russes du Donbass, il veut détruire l’Etat ukrainien et donc on est dans une guerre totale, de très haute intensité”, explique-t-il.

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La menace nucléaire de la France

La question que beaucoup de Français se posent, c’est: la France va-t-elle envoyer des soldats en Ukraine? Et pour l’instant, ce n’est pas d’actualité.

“L’armée française, aujourd’hui, est entraînée, ce sont des hommes et des femmes courageux. Maintenant, il y a une position qui a été réaffirmée jeudi, c'est que l’Otan n’interviendrait pas sur le territoire ukrainien. Mais nous allons projeter nos forces dans les États baltes et en Roumanie parce que c’est de notre devoir de protéger nos alliés et partenaires au sein de l'Union européenne”, assure le général Pellistrandi.

Jeudi, c’est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a mis en garde la Russie en indiquant que la France est une puissance nucléaire. Une menace extrêmement rare de la part d’un politique français. 

“La dissuasion permet aux différents chefs de l’Etat qui se sont succédés de pouvoir avoir un dialogue franc avec Vladimir Poutine. Ça nous protège. Parce que nous sommes une puissance nucléaire, il sait qu’il y a une limite. Jeudi soir, Jean-Yves Le Drian, en rappelant que nous sommes une puissance nucléaire, a dit en quelque sorte 'attention' à Vladimir Poutine. Surtout qu’en Europe, la France est la seule nation à posséder l’arme nucléaire donc le message de Jean-Yves Le Drian, très court, est très important”, insiste le général Jérôme Pellistrandi. 
Guillaume Descours