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Guerre en Ukraine: le gouvernement ukrainien refuse les couloirs humanitaires annoncés par l'armée russe

Des cessez-le-feu et l'instauration des couloirs humanitaires ont été annoncés par l'armée russe dans plusieurs villes d'Ukraine, ce lundi. Le gouvernement ukrainien a refusé ces couloirs humanitaires.

Au 12e jour de la guerre en Ukraine, l'offensive russe s'est encore intensifiée dans la nuit de dimanche à lundi. La ville de Kharkiv, au nord-est, a encore été visée par des bombardements. Des immeubles d’habitations, notamment, et un complexe sportif d'une université locale ont été en partie détruits.

L’armée de Moscou poursuit aussi son offensive en direction de Kiev. Depuis dimanche, plusieurs localités autour de la capitale sont frappées. Au moins huit civils ont été tués à Irpin, à une trentaine de kilomètre de Kiev. La stratégie russe est visiblement d’encercler la capitale avant peut-être d’y lancer un assaut dans les jours qui viennent. C’est ce que redoutent les autorités ukrainiennes. Des barricades sont en train d’être montées à toutes les entrées de la ville.

Kiev refuse les couloirs humanitaires vers la Russie

Le ministère russe de la défense a annoncé ce lundi matin une pause dans les combats dans les villes de Kiev, Kharkiv, Marioupol et Soumy, une localité à l’est de l’Ukraine. Un "régime de silence" selon les mots du communiqué russe, qui doit débuter à 8h heure locale. Des corridors humanitaires seront mis en place pour les civils qui veulent quitter ces villes. Ce week-end, un premier cessez-le-feu localisé et temporaire n’avait pas permis d’évacuer les civils de Marioupol, où l’armée russe assiège le port. Près de 200.000 habitants sont pris au piège.

Kiev a refusé ces couloirs humanitaires vers le Bélarus et la Russie proposés par Moscou pour l'évacuation des civils de villes bombardées, a annoncé lundi la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. "Ce n'est pas une option acceptable", a-t-elle déploré. Selon elle, les civils appelés par les Russes à être évacués des villes de Kharkiv, Kiev, Marioupol et Soumy "n'iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l'avion et aller en Russie".

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Une "demande personnelle" d'Emmanuel Macron selon la Russie, mais le président français dément

L'armée russe précise que cette décision a été prise après une "demande personnelle" du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine. Ce que dément l'entourage d'Emmanuel Macron selon BFMTV... Les deux dirigeants se sont entretenus pendant deux heures dimanche par téléphone. 

Cette annonce intervient alors qu'un troisième round de pourparlers entre Kiev et Moscou doit avoir lieu lundi, selon Kiev. Ces derniers jours, deux tentatives pour évacuer des civils du port assiégé de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, ont échoué, Kiev et Moscou s'accusant mutuellement de violer les conditions de l'évacuation. 

L'armée russe a indiqué lundi qu'elle allait ouvrir un couloir entre la capitale Kiev et la ville bélarusse de Gomel, non loin de la frontière ukrainienne. Selon cette source, deux autres couloirs partiront de Marioupol et permettront soit une évacuation en direction de la Russie jusqu'à la ville de Rostov-sur-le Don, soit vers l'Ouest jusqu'à la ville ukrainienne de Zaporojie. 

Moscou a précisé qu'un autre couloir partira de Kharkiv jusqu'à la ville russe de Belgorod. Enfin, deux trajets doivent permettre aux civils de quitter la ville ukrainienne de Soumy: soit vers Belgorod en Russie, soit vers Poltava en Ukraine. Moscou indique avoir transmis ces informations aux structures de l'ONU, de l'OSCE et du CICR.

LP avec Nicolas Ropert (et l'AFP)