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Présidentielle: les coulisses du premier déplacement de campagne d'Emmanuel Macron à Poissy

Pour son premier déplacement de campagne, Emmanuel Macron se rend ce lundi à Poissy ,dans les Yvelines, le fief de Karl Olive, transfuge des Républicains désormais fidèle du président sortant.

Déclaré officiellement candidat à la présidentielle depuis jeudi soir dernier, Emmanuel Macron effectue son premier déplacement de campagne ce lundi, en Île-de-France, à Poissy, chez l'un de ses principaux soutiens, Karl Olive, l'ex-membre des Républicains.

  • Les coulisses du déplacement à Poissy

Emmanuel Macron descend dans l'arène, avec prudence. Pour son premier déplacement de candidat, le président sortant a choisi Poissy, ville des Yvelines, où il échangera à 18h30 ce lundi soir avec des habitants, "sur des sujets qu'ils choisiront" précise l'équipe de campagne. Un déplacement du même format à Clichy-sous-Bois - chez Olivier Klein, un autre proche d'Emmanuel Macron - a également été étudié par l'équipe de campagne, ce week-end.

Poissy a finalement été retenu, parce qu'Emmanuel Macron y évolue presque à domicile. Largement en tête des votes lors de l'élection présidentielle de 2017, c'est là qu'en octobre dernier, il avait joué au foot - et même marqué ! - avec le "Variétés Club de France". Dans son équipe alors, Karl Olive, le maire de la ville, ancien membre des Républicains, ancien directeur des sports d'iTélé et très proche désormais du chef de l'État. 

Karl Olive, déjà à l'origine d'un comité de soutien à la réélection d'Emmanuel Macron, a organisé le casting des - environ 300 - habitants, qui interpelleront et échangeront avec le chef de l'État. Parmi eux, des habitants des quartiers populaires de la ville, mais aussi de trois associations proches du maire de la ville "Génération Terrain", "Cœur de Poissy" et "Poissy de toutes nos forces". Pour participer, tous ont reçu un mail d'inscription et d'invitation personnelle signé par Karl Olive, qui le conclut, comme un slogan de supporter, par un "On lâche rien !". 

Même la symbolique du lieu de ces premiers échanges de campagne n'a pas été laissée au hasard. Il s'agit du "centre de direction artistique" de Poissy, qui fut, lors de la crise sanitaire, un centre de vaccination, le premier créé en France sur initiative d'un maire. 

  • Un remake du Grand Débat

Des Français, des questions... Et Emmanuel Macron seul en scène pour leur répondre. Le format des échanges avec les habitants de Poissy n'est pas sans rappelé le fameux "Grand Débat", initié par le chef de l'État lors de la crise des gilets jaunes, en 2019. "Le Grand Débat, ça a été le point de bascule de son quinquennat. Il a embarqué les maires, sa capacité d'écoute a fait la différence. Ce format-là, c'est le sérum de vérité. Il va aller au contact, taper dans le sac" estime un maire, ami d'Emmanuel Macron. 

Mais l'échange de ce lundi soir ne doit "pas ressembler à un meeting de campagne", selon son entourage. Pour Emmanuel Macron, "l'heure n'est pas encore aux propositions thématiques". Objectif pour l'instant: "installer un récit. La question de cette élection est celle de la stature et de la compétence" dixit un de ses proches, "le temps des propositions viendra". Pas question donc d'énumérer une litanie de propositions... bien que le programme du candidat Macron vienne d'être envoyé à l'imprimeur. 

  • Début de campagne millimétré

Pour sa première semaine dans le costume de candidat officiel, Emmanuel Macron a un agenda déjà très chargé : au moins deux réunions, avec les "relais société civile" de son équipe de campagne et avec les maires qui l'ont parrainé, sont prévues aujourd'hui. Le candidat recevra également les parlementaires de la majorité présidentielle, mercredi soir. "C'est un compétiteur, il fait gaffe à tout, son hygiène de vie est millimétrée" vante un de ses proches. 

Fort d'intentions de vote en hausse dans les sondages (30,5% dans un récent sondage Ifop), dans le contexte de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron fait finalement le choix d'un début de campagne sans trop de prise de risque. "Ça veut dire que les Français approuvent son choix de rester au niveau et d'assumer sa fonction".

Mais "il y aura des débats" assurent plusieurs de ses soutiens - d'ailleurs, Emmanuel Macron le dit lui même dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux vendredi dernier - qui promettent "des moments de télévision, avec des Français et avec des candidats". Un de ses supporters s'en frotte déjà les mains : "C'est comme au foot, si tu peux gagner 5-0, tu le fais. C'est ça de respecter l'adversaire, ce n'est pas jouer petits bras".

Alors que ces adversaires réclament haut et fort des débats en présence du président sortant, son équipe de campagne "ne ferme plus la porte, tant que ce n'est pas une confrontation stérile". D'où la promesse d'un interlocuteur régulier d'Emmanuel Macron: "Sa campagne, c'est comme à La Samaritaine, il s'y passe toujours quelque chose".

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Paul Barcelonne