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Guerre en Ukraine: la Russie est-elle vraiment au bord de la faillite?

Les sanctions économiques visant la Russie et les oligarques russes s'accumulent, mais ont-elles un effet suffisant?

Les sanctions économiques visant la Russie vont-elles encore s'amplifier? Un sommet de l’Otan puis une réunion du G7 se tiennent ce jeudi à Bruxelles, suivis d’un Conseil européen jusqu'à vendredi. Les Vingt-Sept et leurs homologues doivent notamment se pencher sur l’accueil des réfugiés et le soutien humanitaire à l’Ukraine, après un mois de guerre. Les dirigeants du G7 vont notamment discuter de l'éventuelle exclusion de la Russie du forum du G20. Pékin s'y oppose.

Au conseil européen, plusieurs Etats souhaitent s’attaquer spécifiquement au secteur de l'énergie. Les pays baltes poussent pour un embargo sur les énergies fossiles provenant de la Russie, gaz et pétrole en tête. Le chef du gouvernement polonais, Mateusz Morawiecki, suggère lui d'imposer un large blocus commercial. D’autres pays, très dépendants des hydrocarbures russes, sont réticents.

"Votre portefeuille en rouble vaut moitié moins qu'il y a quelques semaines"

Avec une inflation galopante et une monnaie qui s'effondre, la Russie serait au bord de la faillite, explique Renaud Foucart, professeur à l'Université de Lancaster. Les citoyens russes en paient le prix.

"Pour l'instant, si vous citoyen russe et que vous sortez de chez vous le matin, vous allez vous rendre compte qu'il y a plein de magasins qui sont fermés, plein de produits qui ont disparu. Vous allez prendre votre portefeuille, qui est en rouble, qui vaut moitié moins qu'il y a quelques semaines."

"L'argent, c'est le nerf de la guerre. Si on coupe ce nerf..."

Selon cet économiste, le coup de grâce serait un embargo sur le pétrole, le gaz, le charbon russes... Une manne financière essentielle pour Moscou. En un mois de conflit, l'Union européenne lui a acheté plus de 17 milliards d'euros d'énergies fossiles.

"C'est là qu'il y a peut-être un trou dans le panier des sanctions européennes. L'argent, c'est le nerf de la guerre. On coupe ce nerf de la guerre et on peut empêcher ce conflit d'escalader."

"Je ne vois pas ce qui pourrait stopper Poutine"

Quelles que soient les sanctions, Vladimir Poutine ne fléchira pas selon la politologue Hélène Blanc. Et ce, même si les Russes en pâtissent.

"Ils auront une vie encore plus difficile mais ça n'inquiète pas beaucoup Vladimir Poutine. Il est parti dans un délire paranoïaque, hônnetemment, je ne vois pas ce qui pourrait le stopper."

Malgré le poids des sanctions sur les citoyens russes, la politologue n'envisage pas de soulèvement populaire.

Marylin Ottmann et Lucile Pascanet (édité par J.A.)