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Guerre en Ukraine: "Les sanctions cosmétiques, ça ne marche pas" dénonce Bernard-Henri Lévy

Dans l’édition spéciale d"Apolline Matin" sur la guerre en Ukraine, sur RMC et RMC Story ce vendredi, le philosophe Bernard-Henri Lévy a appelé à des sanctions plus fortes contre la Russie.

"Ce n’est pas assez". Pour Bernard-Henri Lévy, les sanctions annoncées par les occidentaux contre la Russie après le déclenchement de la guerre en Ukraine ne sont pas suffisamment fortes pour contraindre Vladimir Poutine à stopper les combats. "Il faudrait des sanctions massives décrétées à la minute, explique-t-il ce vendredi dans l’édition spéciale d’"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story. Il faudrait dénoncer tous les contrats gaziers avec la Russie. On aurait un peu froid mais ils n’auraient pas de devises. Il faudrait exclure aujourd’hui même la Russie du système d’échanges Swift. Il faut qu’ils soient incapables de vendre un litre de pétrole ou d’acheter une pièce détachée de voiture, à partir d’aujourd’hui."

"Il faudrait, dans les grandes capitales européennes, chasser provisoirement, jusqu’à ce que Poutine entende raison ou qu’il soit remplacé, les diplomates russes, ajoute Bernard-Henri Lévy. Tant qu’on est dans cette situation de guerre, les ambassades russes sont des nids d’espions, des réseaux de désinformation. Je comprends bien qu’on n’envoie pas de soldats de l’Otan. Il n’y a pas d’alliance militaire avec l’Ukraine, hélas. Mais on ne peut pas accepter que dans les grandes capitales européennes, où se décide notre stratégie, il y ait des nids d’espions et de désinformateurs."

"Tant qu’on est en situation de guerre, on ferme Russia Today"

Pour "BHL", il faut également interrompre la diffusion de la chaîne Russia Today en France. "Je me rappelle qu’Emmanuel Macron, au début de son mandat, avait dit que ce n’était pas des journaux, mais des organes de désinformation, souligne-t-il. Je serais partisan qu’on saisisse le CSA. Si c’est vraiment des organes de désinformation, ce que j’ai tendance à penser, on les ferme. Tant qu’on est en situation de guerre, on ferme Russia Today. Est-ce que c’est un média ou un organe de propagande ? C’est ce qu’a dit le président français. Je suppose qu’il avait des raisons de le dire. Si c’est vraiment un organe de propagande, alors on interrompt. On la rouvrira quand cette guerre sera terminée, quand l’Ukraine sera de nouveau debout."

Globalement, Bernard-Henri Lévy estime que "les sanctions cosmétiques, piqûres de guêpe, ça ne marche pas". "Les oligarques, les proches de Poutine, qui ont des maisons à Saint-Jean-Cap-Ferrat, qui mènent grand train à Londres, c’est fini, réclame le philosophe. Il faut qu’on leur dise que c’est fini. Et pas un vague gel de leurs avoirs, alors qu’ils en ont ailleurs. Ils ne voyagent plus, ils ne viennent plus en Europe, ils ne visitent plus leurs luxueuses villas. Pour être efficaces, les sanctions doivent aller jusque-là."

Punir la Russie, mais également soutenir l’Ukraine. "Il faut aider les Ukrainiens s’ils résistent et je pense qu’ils résistent, explique ‘BHL’. Un peuple résistant, ça parle au peuple français. On doit l’aider, en leur fournissant de quoi se défendre, de quoi affronter le choc de ces chars, de ces avions et de cette sauvagerie inédite depuis très longtemps dans l’histoire de l’Europe. On doit aider aussi les manifestants pacifistes qui défilent par milliers dans les rues de Moscou." Bernard-Henri Lévy donne déjà rendez-vous pour un meeting de soutien mardi à Paris.

LP