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"L'Europe en vrai-faux": l'Europe est-elle aux mains des lobbies?

Cette semaine, RMC démêle le vrai du faux à propos d'idées reçues ou non sur l'Europe et ses institutions. Ce vendredi, on se questionne si l’Europe est aux mains des lobbies comme le concède la tête de liste PS Place Publique, Raphaël Glucksmann.

Oui, le lobbying est l’activité principale à Bruxelles. Concrètement, un lobby cherche à faire pression sur les institutions pour que les lois européennes aillent dans leur intérêt. Ce sont des consultants, des avocats, des ingénieurs... On estime qu’il y a entre 20 et 35.000 lobbyistes à Bruxelles, répartis entre 12.000 organisations.

On a souvent l’image négative, d’un groupe qui manigance pour faire primer les intérêts d’une grande entreprise privée, et c’est souvent le cas, Google, Airbus ou Facebook sont parmi les 10 plus importants. Mais, certains lobbies, moins nombreux, défendent l’intérêt général. Une ONG qui protège des consommateurs inquiets, par exemple.

Selon les sujets, les lobbies n’hésitent pas à jouer la carte de la menace

Ce n’est donc pas tout blanc ou tout noir. Mais certains lobbies abusent de leur position, tentent d’acheter les eurodéputés avec des cadeaux. Autour d’un café ou d’un déjeuner, ils vont parfois jusqu’à proposer des amendements déjà rédigés, que les eurodéputés déposeraient ensuite. Ils bombardent aussi les boites mails.

Selon les sujets, les lobbies n’hésitent pas à jouer la carte de la menace. Par exemple : le lobby de l’industrie agroalimentaire qui a lutté contre les étiquettes nutriscore pour rendre la composition des aliments plus lisibles. Selon eux, un point rouge sur de la charcuterie effraye un consommateur et nuit à l’industrie en question.

L’enjeu est de trouver l’équilibre pour éviter corruption et conflits d’intérêt. C’est pourquoi des mécanismes de contrôles ont été mis en place : depuis 5 ans, pour avoir accès à la commission européenne, il faut être inscrit sur le registre de transparence. Au parlement, ce n’est pas encore obligatoire. 

Le fonctionnement de Bruxelles pourrait-il se passer de ces lobbies ? 

De l’aveu d’une eurodéputée, ça serait compliqué. Ou alors il faudrait qu’elle ait non pas trois mais une quarantaine de membres dans son équipe pour pouvoir éplucher tous les rapports, et maîtriser l’ensemble des dossiers sur lesquels elle légifère au parlement. Et par ailleurs, des députés le reconnaissent, l’expertise de ces lobbies leur permet aussi de se forger un avis. Et ce sont bien les eurodéputés, les commissaires et les représentants des États membres qui ont le dernier mot. 

Caroline Philippe (avec James Abbott)