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Ouïghours: pourquoi une dizaine de parlementaires européens ont-ils été interdits d'entrer en Chine?

LOUIS VA PLUS LOIN - La Chine a formellement sanctionné une dizaine d’Européens, dont un eurodéputé Français. Ils sont interdits d’entrer sur le territoire chinois. Pourquoi?

L'Union européenne a mis lundi quatre officiels chinois sur une liste de personnes sanctionnées pour violation des droits de l’homme. Ces quatre responsables sont impliqués, selon l’UE, dans le système de répression violent qui frappe les ouïghours, une minorité musulmane installée dans la province du Xinjiang, surveillée, empêchée d’exercer son culte, parfois même internée de force. Les quatre hommes en question ont désormais interdiction d’entrer sur le territoire européen, et leurs avoirs sur le continent sont gelés. Des sanctions inédites depuis 1989.

La Chine a donc répondu quelques heures plus tard, en sanctionnant à son tour dix Européens parmi les plus fervents défenseurs de la cause Ouïghours. Des parlementaires allemands, néerlandais, ou bulgare, mais aussi un chercheur suédois et un eurodéputé français, Raphaël Glucksmann, qui avait prononcé à Bruxelles un discours en forme de j’accuse pour dénoncer la répression de Pékin. Il ne peut donc plus entrer en Chine, ni à Hong Kong et Macao. “Vos sanctions sont ma légion d’honneur”, a-t-il réagi lundi.

Convoqué par Jean-Yves le Drian

Et dans le même temps, l’Ambassadeur de Chine à Paris s’en est pris à un chercheur français. Il s’appelle Antoine Bondaz et il travaille à la Fondation pour la recherche stratégique. Lui aussi s’est exprimé sur la situation des Ouïghours, mais également sur les pressions exercées par la Chine auprès de sénateurs français qui préparent un voyage à Taïwan. Taiwan, c’est un sujet épineux pour Pékin, qui considère que l’île est une province comme une autre et non un territoire indépendant. 

L’Ambassadeur chinois à Paris a ouvertement insulté Antoine Bondaz sur Twitter, “petite frappe, troll idéologique, hyène folle”, ce sont ses mots.

La diplomatie française a réagi lundi, par un communiqué et une convocation. L’ambassadeur sera reçu par Jean-Yves le Drian, notre ministre des affaires étrangères, qui a rappelé, je cite que "Les insultes contre les chercheurs et la polémique avec des élus de la République sont inadmissibles".

Louis Amar