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"Par sa décision absurde, Poutine nous renvoie au début de la guerre froide", juge l'ancien ministre Hubert Védrine

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a analysé le comportement des pays occidentaux face à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Il affirme qu'il faut continuer à parler avec Vladimir Poutine, pour favoriser les négociations.

“Paranoïaque”, “dictateur”... Depuis le début du lancement de l’offensive russe sur l’Ukraine, des mots forts ont été utilisés pour décrire le président russe Vladimir Poutine. Mardi, c’est le président américain, Joe Biden, a affirmé lors d’un discours devant le Congrès que son homologue russe est un “dictateur”.

"Le fait qu'un dictateur russe ait envahi un pays étranger a un coût sur toute la planète", a lancé Joe Biden. Il a également affirmé que les pays occidentaux étaient prêts à répondre aux menaces en étant unis.

Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, les choix de Vladimir Poutine renvoient le monde à une époque déjà vue.

“Par sa décision absurde, tragique pour la Russie à long terme, Poutine nous renvoie au début de la guerre froide et donc on va se reconstituer des convergences, des cohérences entre les occidentaux, européens”, explique-t-il ce mercredi sur RMC.

Une faiblesse du côté russe?

Selon lui, les occidentaux cherchent une position ferme, pour faire face à Vladimir Poutine. Cependant, il affirme qu’il faut continuer à parlementer avec le président russe, car les négociations seront sans doute longues. Et il voit une faiblesse à exploiter côté russe.

“Il y a un élément de faiblesse en Russie, c’est que la majorité des gens, même s’ils sont d’accord avec Poutine sur l’histoire et le rôle de l’Ukraine dans le monde slave, ne vont pas soutenir la guerre. Donc il faut que l’occident soit intelligent, qu’il tienne compte de la situation actuelle en pensant à demain et après-demain", assure-t-il.

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Il espère que d’autres pays ou personnalités qui ont accès à l’attention de Vladimir Poutine pourraient jouer un rôle dans les discussions. "Il faut des pays neutres pour engager des discussions, la Chine, pourquoi pas ou l'Inde, l'Israël, pourquoi pas Trump aussi. Il faut être déterminé, ferme", appuie-t-il. 

Il précise par ailleurs qu'il ne voit pas l'intérêt de traiter Poutine en paria et estime que l'escalade de la violence dans le langage peut-être contre productif.

Guillaume Descours