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Pourquoi Priti Patel, la ministre de l'Intérieur britannique, est sur la sellette

Priti Patel est la ministre de l'Intérieur britannique. Cette fille d'immigrés a été choisie par Boris Johnson pour lutter contre l'immigration dans le pays, mais elle est aujourd'hui fragilisée.

Priti Patel, la ministre de l'Intérieur Britannique, est fragilisée par les problèmes migratoires que connaît le pays. Elle a été choisie par Boris Johnson pour être une dame de fer en matière d’immigration, mais elle va pour l'instant d'échec en échec. Le nombre des immigrés qui traversent la Manche en provenance de Calais ne cesse d’augmenter. Ses menaces envers la France et son bras de fer avec Gérald Darmanin ont été contre-productifs.

Son projet d'envoyer les clandestins par charter vers le Rwanda a été unanimement contesté et est pour l’instant bloqué par des recours. Bref, rien ne marche pour cette ministre de l'Intérieur de 50 ans, que l’on voyait comme une étoile montante du parti conservateur, mais que l’on décrit maintenant comme très proche de la sortie.

Cette ministre, chargée de lutter contre l’immigration, est elle-même fille d’immigrés puisqu’elle est d’origine indienne. Ses parents avaient fui la pauvreté en Inde et tenté leur chance en s’installant en Afrique. Puis ils ont fui des persécutions en Ouganda et sont arrivés en Angleterre.

Inspirée par Margaret Thatcher

C’est donc une fille de réfugiés, et même fille de parents deux fois exilés, qui défend aujourd’hui cette politique anglaise très hostile à l'arrivée de réfugiés. Et elle reconnaît que si l'Angleterre avait appliqué à l’époque les méthodes qu’elle prône aujourd’hui, ses parents n'auraient jamais pu s'installer en Grande-Bretagne. Mais elle explique aussi que venir d’un pays où l’on a été persécuté fait de vous une citoyenne déterminée à vous intégrer.

Ultra conservatrice, elle admire Margaret Thatcher et Ronald Reagan, les chantres de l’ultra libéralisme. Elle a voté contre le mariage gay et a été pour la peine de mort, avant de changer d’avis. Mais les Anglais la connaissent surtout comme l'immigrée qui n’aime pas les immigrés.

Nicolas Poincaré