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"On brade la vie de nos agriculteurs": Dominique Schelcher, président de Système U, "ne suivra pas" la baguette à 29 centimes

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, le président de Système U Dominique Schelcher a annoncé que son groupe ne suivra pas la guerre des prix lancée sur la baguette.

La baguette ne coûtera pas 29 centimes à Super U. Alors que Leclerc a décidé de bloquer ce prix, et que Lidl a suivi "à regret", le président de Système U Dominique Schelcher annonce ce mardi matin dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story qu'il ne veut pas participer à cette guerre des prix. Et tire la sonnette d'alarme pour les revenus des agriculteurs français. 

"Nous, on ne suivra pas. Il n’y a pas de mot d’ordre national. On a des premiers prix aussi. Mais avec un prix trop bas, c’est la vie de nos agriculteurs qu’on brade, explique-t-il. La force de la filière française, c’est ses maillons. Si un maillon est trop faible, la chaine craque. Aujourd’hui, les agriculteurs, c’est un peu les maillons faibles, du fait de la rémunération. Il faut qu’on réfléchisse à ce qu’on veut. Veut-on dans quelques années importer uniquement du porc polonais, acheter encore plus de fruits et de légumes en Espagne, au Maroc, à l’Allemagne peut-être ? C’est ça l’enjeu aujourd’hui. J’étais l’autre soir à un débat avec le ministre de l’Agriculture et Christiane Lambert, la patronne de la FNSEA. On a parlé pendant deux heures de souveraineté alimentaire. Le danger, il est là. A vouloir faire des prix trop bas, à un moment, la chaine va craquer. Et on se réveillera peut-être trop tard, en disant qu’on n’a plus d’agriculture français."

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"Le monde a changé"

"Je refuse de rentrer dans cette logique-là, ajoute le président de Système U sur cette guerre des prix de la baguette. Et au contraire, je défends les baguettes qu’on a lancées l’année dernière, avec un blé acheté en Alsace, en Bretagne, puis dans les Pays de la Loire dans quelques jours. Ce sont des filières négociées régionalement, avec un juste prix pour rémunérer les agriculteurs. Ce sont des baguettes qui ont un succès fou, qui marchent beaucoup mieux que la baguette premier prix. Elle coûte 80 centimes."

"Il faut aussi des premiers prix mais aujourd’hui, le monde a changé, souligne Dominique Schelcher. De plus en plus de clients vont vers cette alimentation de qualité et sont heureux quand le prix est équitable derrière, qu’il rémunère au juste prix l’agriculteur." 

LP