RMC

Algues vertes: six ans après, ouverture du procès sur la mort d'un joggeur dans une vasière

Jean-René Auffray est mort en 2016 dans une vasière infestée d'algues vertes alors qu'il était parti faire un jogging. Sa famille a intenté une action en justice en 2019 pour ne plus que ce type de drame n'arrive.

Ouverture ce jeudi du procès sur la mort Jean-René Auffray, 50 ans, ce joggeur qui est décédé le 8 septembre 2016 dans une vasière (une étendue côtière couverte de vase ndlr). envahie par les algues vertes, en putréfaction, dans les Côtes-d'Armor. Le tribunal administratif de Rennes examine le recours déposé par la famille.

Les trois enfants, la veuve et le frère de la victime ont attaqué la mairie de la commune d'Hillion, l'agglomération de Saint-Brieuc et la préfecture des Côtes-d'Armor en justice. L’objectif pour la famille du défunt est de prouver la responsabilité de l'État dans le décès, avec l'aide de leur avocat, François Lafforgue.

“On essaye de démontrer que le maire n’avait pas mis de signalisation suffisamment précise. Le préfet et l’Etat n’ont pas pris de mesures suffisamment efficaces contre la prolifération de ces algues vertes”, indique-t-il.

Des prélèvements effectués après le décès montrent un très fort taux de sulfure d'hydrogène, le gaz toxique éjecté par ces algues vertes, qui aurait tué ce père de famille...

"Un combat citoyen"

Sa veuve, son frère et ses trois enfants, dont son fils Yann, se battent depuis six ans pour prouver le lien entre ces gaz et la mort de leur proche. Un procès qui va au-delà du deuil familial.

“On le surnomme le joggeur, en fait j’ai juste envie de mettre son prénom, il s'appelait Jean-René. Ce n’est pas l’audience qui va nous apporter les réponses sur de quoi mon père est mort, pourquoi il est mort. Ce qu’on veut, c’est que ce qui nous est arrivé ne soit plus possible. On voit ça comme un combat citoyen”, appuie-t-il.

Et pour cela, le procès servirait à appuyer sur l'importance d'un "plan algue" de plus grande envergure. “Actuellement, ils sont vachement dans le répressif. Il y a des algues, on les ramasse”, indique-t-il.

Contacté par RMC, l'avocat de la mairie d'Hillion et de l'agglomération de Saint-Brieuc réfute toute responsabilité, l'autopsie du corps, plusieurs semaines après le drame, n'ayant pas établi de lien entre ces gaz et le décès.

Siam Spencer avec Guillaume Descours