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Algues vertes en Bretagne: des mesures de qualité de l’air enfin disponibles à Saint-Brieuc

Avec l’aide de "RMC s’engage pour vous", les habitants d’Hillion, proche de Saint-Brieuc, ont enfin obtenu gain de cause. Alors qu’un gaz toxique émane des algues gisant sur la plage de la commune, les mesures quotidiennes de qualité de l’air sont désormais accessibles à tous depuis le début du mois de juillet.

Une simple demande de transparence, qui aura pris près de quatre mois avant d’être satisfaite. À quelques kilomètres de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), les habitants d’Hillion se plaignent depuis juillet 2021 de la fermeture de la plage de l’hôtellerie.

Celle-ci est en effet polluée par de nombreuses algues vertes qui pourrissent à même le sable. Au-delà de l’aspect esthétique, ce sont surtout les conséquences de cette transformation des algues qui inquiète dans le secteur.

Avec le temps, ces algues se putréfient et produisent un gaz toxique, potentiellement mortel : l’hydrogène sulfuré.

La demande des habitants d’Hillion est alors simple, ils veulent avoir accès aux mesures quotidiennes de la qualité de l’air afin de pouvoir évaluer précisément la quantité d’hydrogène sulfuré qu’ils respirent. Pour cela, ils avaient contacté RMC s’engage pour vous en février dernier.

Contacté, le Président de Saint-Brieuc Armor Agglomération, Ronan Kerdraon, avait promis de répondre aux attentes des habitants: "On facilitera la publication et la transparence de ces mesures. Dès qu’elles commenceront, elles seront publiées, jour par jour. Les riverains, les associations, tout le monde aura la possibilité d’avoir ces indications", avait-il indiqué.

L’engagement a finalement été tenu après quelques mois d’attente. Les mesures quotidiennes sont en accès libre sur le site d’Air Breizh, l’observatoire de la qualité de l’air en Bretagne. Huit capteurs supplémentaires ont même été posés pour un meilleur suivi.

Pour la présidente de l’association” Halte aux marées vertes”, Annie Le Guilloux, cette avancée représente une victoire, dans un combat qui n’est cependant pas terminé.

"Nous allons continuer à observer de très près la façon dont sont pris en compte ces résultats de mesures. Les courbes de ces résultats sont très fluctuantes d’un jour à l’autre (...). Il peut y avoir des pics très importants", détaille Mme Le Guilloux.

Un plan de lutte breton contre les algues vertes en préparation

Aujourd'hui encore, la plage de l’hôtellerie est recouverte d’algues vertes et est fermée au public. Un cas loin d’être unique en France. Et comme l’explique Annie Le Guilloux, "le problème des marées vertes ne pourra pas être résolu sans prendre la question agricole à bras le corps. 95% des nitrates qui nourrissent les algues vertes sont d’origine agricole. Donc mesurer la pollution c’est bien, la prévenir c’est mieux".

En Bretagne, un nouveau plan de lutte contre les algues vertes doit être adopté prochainement, d’ici le mois de décembre. Ce plan devrait contenir des "aides directes" aux agriculteurs pour les aider à changer leurs méthodes : du nitrate contenu dans l’engrais utilisé au sein des élevages de porc se retrouve dans les cours d’eau de la région et finit sur les plages de la baie de Saint-Brieuc.

Etienne Guillet, sous-préfet des Côtes d’Armor et spécialiste des algues vertes, explique que le plan en préparation aura pour but de "réduire les flux de nitrate dans les cours d’eau. Cela nécessite des engagements exploitation par exploitation, pour aller chercher des nitrates qui nous manquent encore et donc réduire encore plus ces flux".

Joanna Chabas, Siam Spencer et Mahauld Becker-Granier (avec AL)