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Attaque à la gare du Nord: l'assaillant était sous le coup d'une OQTF qui n'avait pas été exécutée

L'homme qui a blessé six personnes à la gare du Nord à Paris mercredi matin est toujours hospitalisé. Si son identité reste encore floue, il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui n'avait pas été exécutée.

L'enquête se poursuit au lendemain de l'attaque qui a fait six blessés mercredi matin à la gare du Nord à Paris. Une enquête a été ouverte pour "tentative d'assassinat" et confiée à la police judiciaire. Le suspect, lui, est à l'hôpital. Il a été touché par trois coups de feu tirés par la police. On ne connaît toujours pas ses motivations, ni même son identité exacte, qui reste encore floue.

La seule certitude, c'est que ce jeune homme était sous le coup d'une OQTF, une obligation de quitter le territoire émise à l'été 2022. Ce sans-papiers, libyen ou algérien, a donné des noms et âges différents quand il avait été arrêté plusieurs fois pour des petits délits.

Touché par trois balles

C’est sous une identité libyenne qu’il s’est vu délivrer une OQTF, l’an dernier. Une obligation de quitter le territoire qui n’a pas été exécutée car, vu la situation, les expulsions sont impossibles vers Tripoli.

“Le système des obligations de quitter le territoire français est à bout de souffle. Aujourd’hui vous avez 120.000 OQTF qui sont délivrées par an. Je ne parle pas pour 2020 et 2021 parce que ça c’est effondré avec le Covid. Et sur ces 120.000 OQTF il y a eu 15.000 exécutions, soit 15.000 personnes qui sont vraiment parties. Donc les autres sont restés sur le territoire national tout en sachant qu’il n’y a que 2000 places en centre de rétention administratif. Ces OQTF ce sont des cartons jaunes qui ne servent plus à grand chose. Et il va falloir réfléchir aujourd'hui à comment on assure l’effectivité des expulsions de personnes qui n’ont rien à faire sur le territoire", indique ce jeudi sur RMC, Matthieu Valet, porte-parole syndicat des commissaires de police SICP.

Mercredi matin, c’est sans aucune raison apparente qu’il s’attaque violemment à un premier homme sur le parvis avec un crochet taillé en pointe. Puis à l’intérieur de la gare, il blesse cinq autres personnes avant qu’un policier hors service et un collègue de la police aux frontières ne le stoppent en lui tirant dessus.

Touché par trois balles, l’agresseur a été hospitalisé. Les enquêteurs de la brigade criminelle n’ont pas encore pu l’interroger sur les raisons de son geste.

Guillaume Biet avec Guillaume Descours