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Aveux de père Preynat: "Il ne faut pas lui accorder beaucoup de crédit" explique une victime présumée du prêtre sur RMC

Le président de l'association "La Parole Libérée" a été confronté à celui dont il a été victime lorsqu'il était scout. Il a confié à la barre qu'il vivait "le moment le plus dur depuis le début de l'affaire".

Le procès du père Preynat s’est ouvert mardi à Lyon. L’ancien prêtre pédophile qui est soupçonné d’attouchement sur 10 garçons, a reconnu avoir abusé d’enfants quasiment tous les week-ends. Il a même expliqué qu’il avait des relations avec 4 à 5 enfants par semaine lorsqu’il s’occupait de camps scouts. Le prêtre pédophile a aussi indiqué qu’il a mis du temps à se rendre compte que c’était mal. 

Pour François Devaux, président de l’association "La Parole Libérée", et lui-même victime du père Preynat, cette première confrontation pour l’ouverture du procès a été extrêmement éprouvante.

"Ce que j’ai vécu là, pendant ce procès, et le fait d’avoir étalé une souffrance personnelle devant toute une justice, c’est quelque chose de très très difficile. On passe des décennies à combattre tout ce qu’on a vécu pour se stabiliser. On vient ici, dans un procès, faire état de tout ce qu’on a caché et combattu pendant tant d'années. C’est une mise à nu qui vient vous procurer un sentiment de danger comme je n’en ai jamais vécu depuis que je me suis engagé dans l'association La Parole libérée", explique-t-il.

Pas de pardon

Pendant le procès, Bernard Preynat a reconnu certains faits, et s’est même excusé à certaines reprises évoquant une prise de conscience. Des mots qui n’apaisent pas François Devaux.

"Je crois enn la prise de conscience de Bernard Preynat, mais il ne faut pas lui accorder beaucoup de crédit. Ce serait un syndrome de Stockholm que d’aller accepter cette analyse qu’il peut faire et ce regard qu’il peut avoir. Personnellement, je suis complètement étanche à ça", affirme-t-il. 

Il précise que le prêtre pédophile tente de minimiser les faits. Et il évoque également que depuis le début du procès, l’association "La Parole libérée" a reçu les mails de deux nouvelles victimes prescrites. "Cette minimisation que peut avoir Preynat, le cardinal Barbarin et l’ensemble de l’Église devient proprement insupportable", précise François Devaux. 

Il précise, que si le Père Preynat a été désigné par l’expertise psychiatrique comme un pervers narcissique au psychique instable, ce n’est pas le cas de tous les acteurs qui ont, selon lui, fait preuve d’un manque de discernement. 

Guillaume Descours