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Des "incohérences" dans certaines déclarations: ces éléments sur lesquels les enquêteurs interrogent le mari de Delphine Jubillar en garde à vue

Où est Delphine Jubillar? 15 jours de recherches vaines pour retrouver l'infirmière disparue dans le Tarn

Où est Delphine Jubillar? 15 jours de recherches vaines pour retrouver l'infirmière disparue dans le Tarn - AFP

Des relevés techniques, comme l’analyse du téléphone portable de Cédric Jubillar, ou encore certains témoignages de proches viendraient aussi renforcer les doutes des enquêteurs.

Six mois jour pour jour après la disparition dans le Tarn de Delphine Jubillar, infirmière et mère de 33 ans, son mari et deux autres personnes de sa famille ont été placés mercredi en garde à vue.

Cédric Jubillar, intérimaire d'une trentaine d'années, a été arrêté "hors de son domicile" et placé en garde à vue, tout comme sa mère et son beau-père, a indiqué le procureur de Toulouse Dominique Alzeari. Le père de famille de 33 ans, interpellé dans les alentours d'Albi, a été placé en garde à vue sur commission rogatoire des deux juges d'instruction en charge des investigations ouvertes pour "enlèvement et séquestration". 

Par ailleurs, le procureur de Toulouse Dominique Alzeari a fait savoir ce jeudi matin que ces trois gardes à vue sont prolongées pour une durée de 24 heures. 

Les gardes à vue "ont été prolongées pour une durée de 24h00 (soit jusqu'à vendredi, ndlr) par les magistrats instructeurs. Les auditions et actes se poursuivent avec l'assistance des avocats" des gardés à vue, a précisé Dominique Alzeari.

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Une dispute?

Les gendarmes chargés de l’enquête auraient des doutes sur certaines déclarations: ils auraient ainsi relevé des "incohérences" notamment dans son récit du soir où a disparu sa femme et s’interrogent donc sur sa version des faits.

Des relevés techniques, comme l’analyse du téléphone portable de Cédric Jubillar, ou encore certains témoignages de proches viendraient aussi renforcer les doutes des enquêteurs. 

Le soir de la disparition de sa femme, Cédric Jubillar affirme par exemple s’être couché à 22h. Puis s’être réveillé à 4h du matin par les pleurs de leur fille: c’est là qu’il aurait constaté la disparition de sa femme. Il aurait téléphoné à des amies de cette dernière habitant le village, pensant qu'elle pouvait se trouver chez l'une d'elles. Il a ensuite appelé la police. Une version qui ne tiendrait pas selon les enquêteurs, comme l'affirment nos confrères du Parisien qui ont révélé la garde à vue.

Après 6 mois d’enquête, les gendarmes seraient également persuadés qu’une dispute aurait éclaté ce soir-là au sein du couple. Delphine Jubillar aurait pu annoncer à son mari une possible séparation et son départ imminent du domicile. Elle aurait d'ailleurs envoyé à un "confident" le soir du 15 décembre peu avant 23h00 une photo d'elle en tenue de nuit avant d'aller se coucher.

Autre incohérence: ce soir-là, vers 23h, Delphine était en chemise de nuit, prête à aller se coucher. Difficile donc de l’imaginer sortir promener ses chiens comme l’a toujours soutenu son mari. Selon la version du mari, elle est sortie de la maison le 15 décembre pour promener leurs deux chiens, en plein couvre-feu, vêtue d'une doudoune blanche et avec son téléphone portable. Les chiens seraient revenus à la maison sans elle, selon le mari.

Les enquêteurs ont jusqu’à vendredi en milieu de journée pour obtenir des indices ou un témoignage décisif, ce qui manque aujourd'hui pour lever le voile sur la disparition de l’infirmière de 33 ans en décembre dernier.

Autre élément-clé de l'enquête: la mère et le beau-père de Cédric Jubillar ont eux aussi été placés en garde-à-vue. Ont-ils été complices ou témoins de quelque chose? C’est encore difficile à dire.

Cédric Jubillar avait été entendu fin avril en "qualité de partie civile", donc de victime, par les juges. Il avait participé fin décembre à une battue citoyenne réunissant un millier de personnes puis de nouveau samedi à Albi à une marche blanche réunissant 80 proches et collègues en honneur de la jeune femme.

Un point presse est prévu vendredi dans la journée.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Xavier Allain