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Didier Lallement sur le départ: retour sur le parcours d'un préfet de police contesté et clivant

Le préfet de police de Paris Didier Lallement part à la retraite. Son départ devrait se dérouler mecredi prochain. Depuis sa nomination, en mars 2019, son ton et ses actions ont souvent été critiquées. Personnalité clivante et contestée, retour sur trois ans d'un parcours chaotique.

Didier Lallement devrait rendre sa casquette de Préfet de Police de Paris mercredi prochain. Une personnalité très clivante, un homme à poigne. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est nommé par Emmanuel Macron en mars 2019. On est en pleine crise des gilets jaunes. Les rues de Paris se transforment chaque samedi en champs de bataille. L’Arc de triomphe est saccagé, les agences bancaires ou les voitures de luxe prises pour cible et le porte-parole du gouvernement voit même la grande porte de son ministère défoncée par un engin de chantier. Le pouvoir vacille. Les manifestants tentent chaque week-end de marcher jusqu’à l’Elysée. "Je suis là pour protéger le Président" confie Didier Lallement à la maire de Paris Anne Hidalgo peu après sa nomination.

Il arrive alors de Bordeaux où il a pu notamment expérimenter la technique de la nasse qui consiste à bloquer les manifestants en les encerclant pour limiter les dégâts et interpeller les plus violents. Technique très contestée car les manifestants pacifiques se retrouvent coincés eux aussi.

Face aux gilets jaunes

A Paris, face aux gilets jaunes ultras et aux blacks blocs, il met le paquet et dirige lui-même les opérations depuis le PC de la Préfecture de Police à grand coup de lacrymogène et d’arrestations. Ce fan de Harley Davidson mobilise aussi des policiers à moto, les BRAVS, des unités très mobiles aux méthodes disons plus que musclées.

Les manifestations violentes sont matées. Mais à quel prix? Plusieurs centaines de blessés de part et d’autre. Didier Lallement est traité de "Préfet psychopathe" par Jean-Luc Mélenchon qui l’accuse "d’organiser le désordre et la pagaille".

Une part de responsabilité dans les incidents du Stade de France

Plus récemment, le Préfet de Police a été mis en cause dans un autre dossier, celui des violences autour du Stade de France, le jour de la finale de Ligue des Champions. Es-ce que ça a précipité sa chute? Et bien pas du tout. Ce serait même le contraire selon nos confrères du journal Le Monde qui a révélé son départ. Le gouvernement n’aurait pas voulu donner l’impression de décider sous la pression et donc retardé l’annonce. Didier Lallement aurait lui-même demandé à quitter ses fonctions plusieurs semaines avant que Saint-Denis soit choisi pour accueillir le match.

N’empêche que le rapport sénatorial publié cette semaine insiste sur la part de responsabilité du Haut Fonctionnaire qui d’ailleurs l’assume pleinement: "Si vous vous voulez vous en prendre à quelqu’un vous devez vous en prendre à moi" avait-il lancé lors de son audition. C’est bien dans le style de cet homme qu’on dit rigide, parfois cassant.

Laurent Saigre