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Incidents au Stade de France: le préfet de police Didier Lallement encore sous le feu des critiques

Ce n'est pas la première fois qu'il est critiqué pour sa politique de maintien de l'ordre. Le préfet police Didier Lallement est de nouveau ciblé depuis samedi et les scènes de chaos autour du Stade de France pour la finale de la Ligue des champions.

Didier Lallement est un homme sous le feu des critiques ce lundi matin, après les scènes de chaos au Stade de France, samedi soir, lors de la finale de la Ligue des champions de football. Le préfet de police de Paris connaît bien la pression, car il a régulièrement été contesté.

Il a 65 ans, il est préfet de police de Paris depuis mars 2019. Patron de 40.000 fonctionnaires, dont 20.000 policiers, et de services très prestigieux, comme l’anti-gang. On dit souvent du préfet de police de Paris que c'est l’homme le mieux informé de France. Il avait fait campagne ouvertement pour ce poste et avait remplacé Michel Delpuech, à qui on reprochait d'être trop mou face aux Gilets jaunes.

S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas reprocher à Didier Lallement, c'est d'être mou. On le sait autoritaire, cassant, cinglant, provoquant même parfois, à la limite de la rupture.

On a en tête cette scène, avec une manifestante gilet jaune qui l'interpellait, à qui il avait répondu en lui tournant le dos: “Nous ne sommes pas dans le même camp, madame”.

Il avait donné pour consigne aux forces de l’ordre “d’impacter” les manifestants gilets jaunes. Des manifestations où il y a eu de nombreux blessés, dans les deux camps d'ailleurs, manifestants et policiers.

Soutenu par le gouvernement

Didier Lallement a fait toute sa carrière dans la Fonction publique. Il a dirigé l’administration pénitentiaire, l’aviation civile. Il a été préfet dans l'Aisne, le Calvados et l'Aquitaine. Il a commencé comme militant dans les années 70, auprès de Jean-Pierre Chevènement, qu'il a suivi ensuite à Beauvau en tant que conseiller technique. Et il a enchaîné les postes, au service de ministres de droite et de gauche, Jean-Louis Borloo ou Manuel Valls.

C'est l'homme de poigne qu'a choisi Emmanuel Macron, mais on le sait aujourd'hui très en froid avec la mairie de Paris. Il s'affronte régulièrement avec Anne Hidalgo, par exemple sur le dossier des toxicomanes dans le nord de la capitale. C'est lui qui avait décidé de déplacer les consommateurs de cracks et de construire un mur entre Paris et Pantin pour empêcher les toxicomanes d'accéder à la capitale.

Didier Lallement a, pour le moment en tout cas, toujours reçu le soutien de l'exécutif.

Rémi Ink