RMC

"Le crack, on peut s'en sortir": le témoignage émouvant d'Elina Dumont, ancienne toxicomane

DOCUMENT RMC - Pendant 4 ans, Elina Dumont a été accroc au crack, vivant dans la rue notamment à Stalingrad, toujours connu pour être un haut-lieu de toxicomanie à Paris. Elle raconte son parcours et ses années d'addictions.

Une nouvelle affaire sordide dans un quartier miné par la drogue. Deux hommes, soupçonnés d'avoir violé une femme après lui avoir fourni du crack à Stalingrad dans le nord de Paris dans la nuit de mercredi à jeudi, ont été placés en garde à vue. C'est la deuxième affaire du genre en moins d'une semaine après l'arrestation et l'incarcération d'un homme filmé en train de violer une autre toxicomane.

La situation est intenable dans le quartier depuis plusieurs mois. Les habitants sont à bout et réclament des solutions pérennes alors que les pouvoirs publics semblent démunis face aux consommateurs de crack et aux dealers.

Un quartier que connaît bien Elina Dumont, intervenante sociale et sociétaire des "Grandes Gueules". Et pour cause. Pendant près de 4 ans, elle y a vécu, elle-même accroc au crack:

"À 25 ans j’étais à la rue. Je suis tombé dans le crack en délirant avec des amis de la rue, j’en ai fait des conneries. Le crack, le fait que ce soit mélangé à de la cocaïne et que tu l’inhales, ça te rentre dans le cerveau et ça te fait un flash. C’est la seule drogue à laquelle j’ai été accro et j’ai tout pris. On ne devient pas accroc en une prise, la première fois j’ai même dit que ça ne me faisait rien", raconte-t-elle ce jeudi sur RMC.

>> A LIRE AUSSI - "On en a vraiment marre": à Stalingrad dans le nord de Paris, les habitants tirent au mortier sur les dealers de crack

"Tant que ces gens n’auront pas de toit, ils ne pourront s’en sortir"

Et elle raconte le quotidien compliqué des habitants mais également des forces de l'ordre pour qui lutter contre la vente de crack est compliquée. Car les vendeurs, les "modous", sont très bien organisés:

"Ils cachent leur sac dans leur bouche, ils sont particulièrement Gare du Nord, ils sont très durs à attraper, celui qui a la drogue n’a pas l’argent et celui qui à l’argent n’a pas la drogue, c’est dur de les prendre en flagrant délit", raconte-t-elle.

"Faire des fellations aux dealers"

Leurs techniques sont rôdées. Ils rendent accroc ceux qu'ils croisent dans la rue:

"Au début, j’avais le crack gratuitement. Ils le donnent sans faire payer pour te rendre addict. Après j’ai été obligé de faire des fellations aux dealers. Les filles, on ne les voit pas parce qu’elles se prostituent pour payer leur dose", détaille Elina Dumont qui tient à délivrer à rappeler que l'on peut malgré tout se sortir du crack mais à une condition

"On peut s’en sortir. On m’a prêté une chambre de bonne, je suis allé voir un psychiatre trois fois par semaine et j’ai pris des anti-dépresseurs parce que le crack ça abîme. J’en ai pris pendant 3-4 ans, j’avais toutes les dents cassées, on a dû me les refaire mais on peut s’en sortir. Le fond du problème c’est le toit. Tant que ces gens n’auront pas de toit, ils ne pourront s’en sortir", assure l'intervenante sociale.

Un témoignage choc de notre "Grande Gueule" que RMC vous propose de retrouver en vidéo ci-dessus.

>> A LIRE AUSSI - Viol filmé à "Stalincrack": le suspect homme mis en examen et incarcéré

G.D.