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Grève générale en Martinique: une équipe de RMC visée par des tirs à proximité d'un barrage

DOCUMENT RMC - Notre envoyée spéciale en Martinique et son équipe ont été la cible de coups de feu alors que la situation sur l'île est tendue depuis plusieurs jours.

Situation extrêmement tendue cette nuit en Martinique au cinquième jour du mouvement contre la vaccination et la vie chère. Le préfet a instauré un couvre-feu entre 19h et 5 du matin jusqu'au "retour à une situation apaisée" alors que les violences touchent l’île.

Cette nuit, Maureen Lehoux notre journaliste présente sur place et son équipe, ont été visés par des coups de feux alors qu’ils étaient en train de filmer un barrage en flamme.

"Avec mon caméraman et deux confrères photographes, nous avions décidé d’aller prendre la température dans différents quartiers de Fort-de-France en voiture. Nous avons pris énormément de précautions dans une ville vide en raison du couvre-feu, quadrillée par les forces de l’ordre extrêmement tendues", raconte-t-elle ce vendredi. 

La sécurité a en effet été renforcée dès la nuit de jeudi à vendredi, "avec un dispositif plus mobile et plus nombreux pour cibler les points les plus difficiles", avait précisé la préfecture.

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Nombreuses détonations

"Lorsque nous nous sommes arrêtés à proximité d’un barrage en feu dans un quartier plutôt tranquille, nous avons commencé à prendre des images de loin. Nous avons alors vu deux motos s’arrêter à une dizaine de mètres derrière nous. Il y a eu un premier tir avant que nous ne rejoignions les véhicules puis deux nouveaux tirs", ajoute Maureen Lehoux au micro de RMC, visiblement choquée. 

Les individus casqués n'ont pas suivis Maureen Lehoux et Julien Taureau, les deux journalistes de RMC et BFMTV, ainsi que le photographe de l'AFP, Loïc Venance et un photojournaliste d'Abaca Press, Raphaël Lafargue. Aucun d'entre eux n'a été blessé. 

Dans un témoignage à l'AFP, Loïc Venance précise: "On est sortis de la voiture pour filmer le barrage de loin. On était près du canal Levassor, tout proche du port de plaisance, un endroit plutôt calme ces derniers jours. On était seuls. J'ai vu deux motos s'arrêter. J'ai crié: 'Putain y a les motos !'". Les journalistes avaient eu écho que des hommes à moto armés venaient provoquer les forces de l'ordre lors des violences nocturnes. 

Invité de Jean-Jacques Bourdin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dénonce les tirs "totalement inacceptables" ayant visé nos confrères. 

"Je veux leur rendre hommage. On ne peut accepter en France que de journalistes soient pris pour cible quand ils font leur travail. C'est tout à fait inacceptable. Fermeté absolue face à ces situations" a-t-il précisé. 

Des détonations avaient déjà été entendues vers 17h30 et de grosses fumées noires étaient visibles dans le ciel au-dessus de Châteauneuf. D'autres détonations se sont fait entendre dans la nuit. 

Plusieurs policiers ont été la cibles de tirs depuis lundi, blessant légèrement nombre d'entre eux. 

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La rédaction de RMC