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"On ne sait pas comment ils l’ont reconnu": 4 personnes en détention provisoire pour "tentative de meurtre" après l'agression d'un policier dans un train

DOCUMENT RMC - Pour la justice, l'agression d'un policier dans un train de banlieue est en liée à sa profession. Selon l'un de ses collègues et proche, les policiers disent désormais à leurs enfants de ne pas communiquer sur leur profession et certains font des détours pour voir s'ils ne sont pas suivis.

Une information judiciaire pour "tentative de meurtre" a été ouverte jeudi par le Parquet de Pontoise après l'agression d'un policier dans un train de banlieue alors qu'il rentrait chez lui. Le procureur a requis le placement en détention provisoire des quatre personnes interpellées suite à l'agression du fonctionnaire de police.

La justice a retenu contre les agresseurs présumés la tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité. En clair : à l'issue de leur garde à vue, les 4 hommes étaient bien soupçonnés d'avoir voulu tuer la victime parce qu'il était policier.

Les investigations, pour le moment, vont dans le sens des déclarations de la victime: "Il y a eu un échange avant l’agression. Ils l’ont traité de ‘sale flic de merde’, ils lui ont dit qu’ils savaient où il travaillait, qu'ils allaient le tuer et le dépouiller, ils l'ont fait en connaissance de cause de la qualité de mon collègue. Rien n’aurait pu laisser présager qu’il était policier. Il était en civil accompagné d'un autre collège descendu à la station d'avant. On ne sait pas comment ils l’ont reconnu", détaille ce vendredi sur RMC Josias Claude, Secrétaire Départemental Unité SGP Police Paris.

"Ces faits-là se produisent régulièrement, il y a des gens qui ont été interpellés prenant des photos de fonctionnaires sortant de commissariat. Lui travaille dans les transports, donc il a peut-être été reconnu par des individus empruntant cette ligne notamment au niveau de la Gare du Nord", croit savoir le syndicaliste.

"On dit à nos enfants de ne pas donner notre profession pour ne pas attirer les délinquants"

Josias Claude déplore "un climat anxiogène" et la peur prégnante qui touche les fonctionnaires de police, obligés de prendre de nombreuses précautions pour se protéger et protéger leur entourage:

"Aujourd'hui, on dit à nos enfants de ne pas donner notre profession pour ne pas attirer les délinquants. Il y a quelques années, un fonctionnaire de police pouvait se déplacer en tenue entre son travail et son domicile. Aujourd'hui c'est impossible. Certains collègues font des détours quand ils sont en véhicule pour voir s'ils ne sont pas suivis. Les délinquants peuvent avoir accès aux coordonnées des policiers via les procédures. On demande une vraie anonymisation, il faut que les politiques se saisissent de ce sujet", appelle-t-il.

Le fonctionnaire de police agressé "est extrêmement touché", assure Josias Claude qui évoque "une fracture du nez et de nombreuses contusions". Il ajoute que le policier "est très touché psychologiquement parce qu’il a été agressé dans un train qui est aussi son lieu de travail", remerciant les deux personnes qui se sont interposés pour l'aider alors "qu'il se voyait partir".

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Maxime Levy avec Guillaume Dussourt