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Violences et trafics à Marseille: "Il faut tout raser et tout reconstruire dans ces quartiers" plaide Manuel Valls sur RMC

L'ancien Premier ministre débattait dans les "Fortes têtes" de RMC en direct face à Mathias Wargon.

C'est une petite phrase qui ne manquera pas de faire réagir. Lors du débat des "Fortes têtes" en direct sur RMC, Manuel Valls, ancien Premier ministre a donné son analyse de la situation à Marseille, où Emmanuel Macron est attendu mercredi après-midi pour présenter un ambitieux plan destiné à donner un nouveau souffle à la deuxième ville de France. 

Selon l'ancien ministre de l'Intérieur, "Il y a un échec collectif, et cela veut dire qu'à Marseille, il faut tout reprendre à zéro. Ce qu'on appelle les banlieues, en Ile-de-France, sont au coeur de la ville, marquées par la pauvreté, les inégalités, la violence et l'insécurité. C'est à dire que, là bas, il faut tout raser. Il faut tout reconstruire, il faut repeupler autrement ces quartiers. Mais ça demande une volonté, une grande puissance de l’État et un coopération avec les élus qui ont une grande responsabilité" a-t-il plaidé. 

"Je suis toujours renvoyé à mon passé"

Quelques instants auparavant, Manuel Valls avait précisé qu'il avait tenté - avant Emmanuel Macron aujourd'hui - des plans pour la cité phocéenne, comme en 2015, avec ce plan d’investissement de plusieurs centaines de millions d’euros.

"Je suis toujours renvoyé à mon passé et il y a une part d'échec collectif" avait-il alors soufflé, réagissant au témoignage de Corinne, une commerçante marseillaise qui expliquait être "menacée" tous les jours et faire face à des actes de violences ou d'incivilités en continu. 

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"L'Etat n'a jamais eu à donner cet argent"

Des propos qui ont fait réagir les auditeurs de RMC, au 32.16. Et notamment Samia Ghali, maire adjointe "divers gauche" de Marseille. Au téléphone en direct dans "Estelle Midi", pour l'ancienne sénatrice, "Manuel Valls s'est mal exprimé. Je comprends ce qu'il veut dire, cela s'appelle la rénovation urbaine. On l'a déjà fait à certains endroits, mais cela prend des années" a-t-elle plaidé.

"Quand on détruit un cité, cela prend du temps parce que ce n'est pas aussi simple qu'on veut le penser. Il faut reloger, il fait savoir où est-ce que l'on construit, comment on reconstruit, il faut tenir en compte des crèches, des écoles, des transports en commun... On ne peut pas se permettre de le faire à une échelle aussi importante, mais nous sommes en train de le faire" explique-t-elle, dénonçant au passage "des conneries dites dues à une méconnaissance de la ville de Marseille".

"L'Etat a eu la volonté de mettre de l'argent, mais l'argent n'est jamais arrivé parce qu'il n'y avait pas dossier. Les milliards d'euros dont on entend parler, comme ceux de Jean-Marc Ayrault ou de Manuel Valls, ont été disposé à être donnés pour Marseille. Sauf que pour faire cela, la ville doit réunir un conseil municipal, lancer des marchés publics et à ce moment-là, l'Etat abonde. Sauf que ça n'a jamais été fait. Et de fait, l'Etat n'a jamais eu à donner cet argent" a-t-elle plaidé, avant de tacler "Il faut arrêter ce délire que tout le monde vole l'argent à Marseille". 

Entamé après le conseil des ministres, Macron doit ainsi passer trois jours à Marseille pour dévoiler un plan d'urgence.

Ce déplacement de deux jours et demi est le plus long consacré au chef de l'Etat à une seule ville depuis le début de son quinquennat. Il est justifié par la place "singulière", selon l'Elysée, qu'occupe la cité phocéenne en France mais aussi "l'urgence" de sa situation, illustrée en particulier par la recrudescence des règlements de compte sanglants cet été. 

XA