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Quatre collégiens en garde à vue, soupçonnés d'avoir désigné Samuel Paty au terroriste contre de l'argent

Les quatre collégiens en garde à vue aurait bien indiqué au terroriste qui était le professeur qu'il recherchait mais sans connaître les intentions de l'assaillant.

Cinq collégiens ont été entendu et 4 sont toujours en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la décapitation de Samuel Paty, l’enseignant tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet. Les adolescents sont soupçonnés d’avoir désigné au terroriste sa victime mais sans connaître ses réelles intentions d’après eux. Selon les premiers éléments, l’agresseur de 18 ans aurait rencontré les collégiens à son arrivée devant le collège, vers 14h. Il leur aurait alors proposé plusieurs centaines d’euros, en billet, d’après une source judiciaire. En échange, les collégiens doivent lui montrer Samuel Paty.

L’assaillant leur dit qu’il veut seulement filmer le professeur et lui demander des excuses pour avoir diffusé des caricatures de Mahomet. Deux heures plus tard, les enfants désignent, le professeur alors qu’il sort de l’établissement. Les mineurs affirment aujourd’hui qu’ils ignoraient tout de ce funeste projet. L’un d’eux regrette terriblement comme il l’a exprimé pendant sa garde à vue. 

"Comment auraient-ils pu savoir ?"

"C’est un poids terrible sur les épaules de ces collégiens qu’il va falloir accompagner. Il faut qu’ils puissent évacuer tout ça. Comment auraient-ils pu savoir ? C’était imprévisible", assure Cécile Ribet-Retel présidente de la Peep de Conflans-Sainte-Honorine, qui estime que les adolescents sont eux aussi des victimes de l'assaillant. Car les élèves risquent gros: "S’ils étaient véritablement considérés comme complice du tueur cela pourrait se chiffrer en plusieurs années de prison", précise Thierry Vallat avocat au barreau de Paris.

Les enquêteurs entendent aussi un homme, qui s’est spontanément présenté lundi, car il était en contact sur les réseaux sociaux avec l’assaillant. Un homme connu pour terrorisme mais à ce stade il n’est pas encore question de complicité. Quinze personnes sont toujours en garde à vue dans le cadre de l'enquête. La plupart de ces gardes à vue pourraient se terminer dans la nuit de mardi à mercredi.

Maxime Brandstaetter et Margaux Bédé (avec Guillaume Dussourt)