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30 milliards d'euros pour "France 2030" annoncé par Macron: les grands plans d'investissements servent-ils (vraiment) à quelque chose?

"LECHYPRE D'AFFAIRE" - Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Emmanuel Lechypre, dans "Apolline Matin".

Emmanuel Macron a annoncé mardi à l'Elysée un plan d'investissement de 30 milliards d'euros sur cinq ans visant à développer la compétitivité industrielle et les technologies d'avenir en France.

"La stratégie pour 2030 doit nous conduire à investir 30 milliards d'euros pour répondre" à ce qui peut être considéré comme "une sorte de déficit de croissance français", a estimé le chef de l'Etat devant quelque 200 chefs d'entreprise et d'étudiants. 

Selon l'Elysée, ces investissements dans le cadre d'un plan "France 2030" portent sur les cinq années à venir. Appelant à "un investissement massif dans notre stratégie d'innovation et d'industrialisation", Emmanuel Macron a souhaité que la France "retrouve un cycle vertueux: innover, produire, exporter, et ainsi financer (son) modèle social" et le "rendre soutenable", a-t-il ajouté.

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Le Président a ainsi dit vouloir investir un milliard d'euros dans l'énergie nucléaire d'ici à 2030 pour développer des "technologies de ruptures". La France doit également envisager la construction de "deux gigafactories ou électrolyseurs" pour devenir "leader de l'hydrogène vert" en 2030, ce qui permettra la "décarbonation de l'industrie", a-t-il ajouté

Ca, c'est pour les annonces... Mais que faut-il en attendre? Exactement comme pour ses prédécesseurs qui se sont lancés dans le même exercice: beaucoup d’annonces pour peu de résultats.

Nicolas Sarkozy avait, lui aussi, son programme d’investissement d’avenir en 2009 (57 milliards d’euros). Comme François Hollande en 2013, suivant la même logique, annonçait un plan d’investissement sur dix ans visant "la préparation de l'avenir", le soutien aux 34 filières jugé d’avenir et donc maintenant Emmanuel macron qui nous promet 30 milliards, là encore sur les projets d’avenir, après avoir déjà annoncé un effort de 57 milliards dans un Grand plan d’investissement en début de mandat.

Pourquoi le bilan de ces plans est-il décevant?

D’abord, parce que les sommes ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il y a d’abord les tours de passe-passe qui consistent à aligner un max de milliards en recyclant des dépenses déjà annoncées. Exemple, le grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros d’Emmanuel Macron ne comptait réellement que 24 milliards d’argents frais.

Il y a aussi le saupoudrage sur tout un tas de projets, qui aboutit à un impact dérisoire, avec un effet de levier vis-à-vis des financements privés pas toujours perceptibles.

Il y a l’inévitable pollution politique des projets, qui aboutit souvent à leur dévoiement. 

Qu’est-ce qui marche?

Quand l’Etat se cantonne à deux rôles. La recherche la plus fondamentale et la création d’un environnement compétitif et créatif pour les entrepreneurs. C’est l’Etat américain qui invente internet, mais pas Facebook, Google ou Amazon. 

Et puis créer un environnement réglementaire et fiscal compétitif: la baisse de 20 milliards d’impôts à la production en deux ans a plus fait pour l’industrie française que tous les plans de relance...

Emmanuel Lechypre