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Après la victoire d'Eric Ciotti, la guerre des attributions de postes a déjà commencé chez LR

La victoire d'Eric Ciotti, désormais nouveau président des Républicains, doit permettre de relancer le parti de droite. Mais déjà des dissensions apparaissent alors que des postes clés doivent être attribués dans les prochains jours.

Après son élection à la présidence des Républicains dimanche, le plus dur commence pour Eric Ciotti, alors que le camp de Bruno Retailleau lui met déjà la pression. Selon nos informations, les téléphones chauffent: les deux hommes se sont parlés longuement lundi et ils ont rendez-vous mercredi pour rentrer dans le dur de ce qu’on peut vraiment appeler une négociation pour construire l’organigramme du parti.

Et le camp Retailleau semble bien décidé à peser, fort de ses 46% au second tour, score bien plus haut que ce qui était attendu. "Bruno ne compte pas lâcher ses équipes", dit-on dans son entourage. Lui-même restera chef de file des sénateurs LR, mais il veut caser ses lieutenants au parti. Et pas question d’être au second plan. "Il ne veut pas que ça se passe mal, décrypte un proche, mais il veut être respecté".

Qui pour être numéro 2?

Et il y a un poste particulièrement convoité, c’est celui de numéro 2. Un poste demandé par Aurélien Pradié. Et y compris dans le camp Ciotti, on nous confirme qu’encore dimanche soir, l’hypothèse tenait la corde: Pradié 1er vice-président.

Sauf que ça ne passe pas très bien dans le camp de Bruno Retailleau, que le 3ème homme, écarté au 1er tour, soit numéro 2 du parti. Pradié est accusé par le camp Retailleau d’avoir manœuvré dans l’entre-deux-tours. Sans prendre parti officiellement, il avait peu dissimulé sa préférence pour Ciotti. 

"Il y a du avoir des engagements pris", soupçonne un pro-Retailleau qui se demande "sur quel pied, maintenant Ciotti va pouvoir danser". En tous cas ce point semble être une sorte de ligne rouge dans le camp du sénateur vendéen. Un autre s’agace: "Ce serait quand même fantastique qu’avec ses 22%, il soit le premier vice-président, et que nous, avec nos 46%, on se retrouve derrière".

Ciotti pressé à donner des signes de rassemblement

Si les proches d'Eric Ciotti se faisaient discrets lundi, la promesse de discuter a été faite dès dimanche soir: "Plus que jamais notre famille doit être rassemblée", a-t-il dit en faisant monter Bruno Retailleau sur scène à ses côtés. 

"Il a tout à fait conscience de l’importance de chacun", estime un élu, qui voit de “premiers indices positifs". Mais la discussion va vraiment s’engager mercredi. "Faites vite!", demande un parlementaire inquiet face à une première vague de départs d’élus locaux qui rendent leur carte LR. "Il y a urgence à rassurer", dit-il craignant "une hémorragie, si toutes les sensibilités ne sont pas représentées. Ciotti doit se presser de donner des signes de rassemblement".

Sébastien Krebs