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Assemblée nationale: mobilisation générale chez les macronistes avant la bataille du budget

Les députés de la majorité s'attendent à un dur combat, alors que s'ouvre ce lundi après-midi la bataille du budget à l'Assemblée nationale. Et ils devront être là le plus souvent possible, faute de majorité absolue.

La grande bataille du budget s’engage ce lundi après-midi dans l'hémicycle, à l’Assemblée nationale. Ça s’annonce périlleux pour la majorité, qui s’organise. Chez Renaissance, on fait des plannings. Mobilisation générale pour garantir une présence suffisante dans l’hémicycle, et tenir face aux oppositions jusque tard dans la nuit s’il le faut.

Une députée nous raconte que chaque élu a dû donner ses prévisions de présence, pour remplir un tableau de suivi. Ensuite, il y aura comptage des troupes à chaque début de séance, et alerte générale par SMS lorsqu’il manque du monde. On demande aux élus de changer leurs plans, de réserver leurs soirées. La consigne, c’est “tout le monde de permanence” et le plus possible dans l’hémicycle. Pas de retour en circonscription. “On va avoir un agenda infernal”, craint cette députée.

Une ancienne ministre s’en agace: "On nous harcèle, on nous relance, on nous met la pression". Pour elle, il faut tout revoir dans le fonctionnement, parce que c’est le travail en commission qui en pâtit. Par exemple, l’autre budget, celui de la sécurité sociale, va commencer à être examiné en commission. Tout se joue donc en même temps.

Un 49.3 inévitable?

Les choses sont forcément plus compliquées avec une majorité relative. “On sait qu’on peut perdre à trois voix”, “ce sera un travail de tous les instants”, disent les élus. Il va falloir tenir, ça peut durer deux mois. Et être toujours suffisamment nombreux pour éviter le moindre couac. La crainte, c’est de voir les oppositions s’allier et emporter le vote d’un amendement, contre l’avis de la majorité et du gouvernement.

En tout cas, la consigne a été passée aux troupes. Ne plus rester “mutiques”, répondre pied à pied aux oppositions même lorsqu’elles cherchent l’incident. Chez Horizons, le parti d’Édouard Philippe, un cadre voit de “l’appréhension” chez ses députés “sur la durée, et l'âpreté des débats à venir”.

Et quelle est l’ambiance entre les macronistes, le camp Bayrou, le camp Édouard Philippe? Ils ne disent pas toujours la même chose. Mais les députés des trois groupes de la majorité se voient beaucoup en ce moment. Réunion intergroupe la semaine dernière, petit-déjeuner dédié au budget le lendemain. “Faire bloc, ça ne se décrète pas” constate une élue. “On apprend à se connaître. Il y a de nouveaux députés. Il faut créer des liens”, affirme-t-elle.

Ce qu’il faut éviter à tout prix, c’est ce qui s’était passé en juillet lorsque les alliés d’Horizons avaient voté avec LR un crédit pour les départements, mettant en minorité le camp présidentiel.

La question, c’est combien de temps tout cela va-t-il durer? Combien de temps ce budget sera-t-il discuté, avant que le gouvernement ne siffle la fin de la partie? Avec le 49.3 qui est devenu, dans tous les esprits, inévitable.

Sébastien Krebs