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Budget 2023: "Ce serait une erreur de faire de l’austérité", juge Gabriel Attal

Le ministre des Comptes publics était invité dans les Grandes Gueules ce jeudi. Il est notamment revenu sur le sujet épineux du budget 2023. En effet, la France va emprunter 270 milliards d'euros sur les marchés financiers. Un record.

La France va emprunter 270 milliards d’euros en 2023 sur les marchés financiers. Un chiffre record qui bat notamment les 260 milliards de 2022. L’annonce a été faite par l’Agence France Trésor lundi en marge de la présentation du budget 2023.

Un emprunt qui va forcément faire augmenter la dette du pays. Alors est-ce une erreur de continuer à emprunter autant? Non, selon le ministre des Finances publiques, Gabriel Attal, qui a défendu ce mercredi dans les “Grandes Gueules” cette stratégie du gouvernement.

“Ce serait une erreur politique et budgétaire de faire de l’austérité. On a vu après la crise 2008-2010, des choix politiques dire: 'On serre de manière très brutale tout de suite', et on a vu l'impact économique avec la destruction d’emploi, la destruction de valeur et les augmentations d’impôts pour les Français”, explique-t-il.

Pour autant, dans une France "à l'euro près", il assure que le gouvernement ne dépense pas sans compter, bien au contraire. “Bien sûr qu’on compte, et on compte tout. Mais en gros, on s’est fixé une règle qui dit qu’on veut que la progression de nos dépenses aille moins vite que la progression de nos recettes. Ça paraît tout bête, mais déjà si on arrive à se remettre dans ce chemin-là, et c’est ce qu’on a commencé à faire, on réduit nos déficits. Et c’est ce qu’on a commencé à faire depuis trois ans. Le déficit en 2020, c’était 8,9%. Le déficit en 2021, c’était 6,5%, donc ça avait déjà baissé et le déficit cette année, c’était 5%. Donc on a une trajectoire qui est prévue pour revenir sous les 3% en 2027”, détaille-t-il.

Des efforts demandés dans les ministères

Il précise par exemple que des efforts conséquents ont été demandés dans les ministères et dans certains secteurs qui sont sortis gagnants de la crise sanitaire.

“Tous les ministères font des économies. Ils font des redéploiements. On sort par exemple de dispositifs qui avaient été mis en place pour accompagner des entreprises dans le cadre du plan de relance. On diminue la voilure, on demande des efforts dans certains secteurs comme celui de la biologie médicale”, explique-t-il.

Malgré tout, ce budget ne convient pas à l’opposition, alors que les négociations sont au point mort avec la majorité à l'Assemblée. “Dans le débat politique aujourd’hui vous avez en gros la Nupes qui dit qu’on ne dépense pas assez, LR qui dit qu’on dépense trop. Mon combat, c’est qu’on dépense mieux. C’est que l’argent des Français soit utilisé plus efficacement”, conclut le ministre.

Guillaume Descours