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Autonomie de la Corse: début des discussions entre élus insulaires et le gouvernement

Gérald Darmanin reçoit, ce vendredi, une délégation d'élus corses au ministère de l'Intérieur. Une première réunion d'un cycle de huit rencontres pour définir le statut d'autonomie de l'Île de Beauté.

Huit réunions pour apaiser les tensions qui ont fait suite à la mort du nationaliste corse Yvan Colonna en prison, au mois de mars dernier. Annoncées par le gouvernement et sans cesse repoussées depuis six mois, les premières rencontres sur l'autonomie de la Corse se déroulent ce vendredi, Place Beauvau. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin y reçoit une délégation d'élus, pour une discussion qu'il veut "sans tabou", après avoir mis sur pied un comité stratégique sur l'avenir de l'île au mois de juillet dernier, après une visite sur place.

À l'ordre du jour de la première réunion: "le modèle économique et social" de l’île. Les discussions porteront sur des enjeux économiques propres à la Corse avant de passer en revue les statuts d'autonomie déjà existants en Méditerranée comme les Baléares, la Sicile ou la Sardaigne.

Un an de concertations

L'objectif de ces réunions est de trouver un modèle d’autonomie pour l’Île de Beauté. Avant de débuter la concertation, Gérald Darmanin s'est notamment entretenu avec Laurent Marcangeli, ancien maire d'Ajaccio et député de la majorité (Horizons), qui estime sur twitter que "la Corse doit engager avec l'État une réflexion sur son modèle économique et social."

Dans un communiqué, quatre parlementaires corses - les députés autonomistes Jean-Felix Acquaviva et Michel Castellani, le député européen Europe-Ecologie François Alfonsi et le sénateur autonomiste Paulu-Santu Parigi - ont regretté le "fossé important entre les discours et la volonté affichée d'une part, et les actes de portée législative et règlementaire d'autre part". Dans leur viseur, les prix des carburants et la ristourne négociée avec TotalEnergies, "contribuant à mettre à genoux des groupes indépendants de petite ou taille moyenne dans les territoires, dont le groupe Ferrandi en Corse" et "l'application du crédit d'impôt investissement Corse (CIIC), prolongé jusqu'en 2023" dont "la possibilité" de l'obtenir a été "réduite". Deux dossiers sur la table, ce vendredi.

Le cycle de concertations doit s’étaler sur un an. Sept autres réunions suivront, soit une toutes les six semaines, pour tenter de trouver un accord autour d’une évolution du statut de l’île. Le ministre de l'Intérieur a, toutefois, posé deux lignes rouges: la Corse doit rester dans la République, et ce nouveau statut ne doit en aucun cas créer "deux types de citoyens".

Romain Houg et Maxime Martinez