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Bardella intronisé, un congrès sous tension au RN

Le congrès du Rassemblement national se déroule ce samedi à Paris. Jordan Bardella est le grand favori pour succéder à Marine Le Pen et devenir le premier "non-Le Pen" à prendre la tête du parti frontiste. Un congrès qui se déroule dans un contexte spécial, quelques jours après l'incident de séance à l'Assemblée nationale après les propos d'un député RN.

C'est une première dans l'histoire de l'extrême-droite française sous la Ve République. Pour la première fois depuis sa création, le Front national, désormais Rassemblement national, élit un chef qui ne vient pas de la famille Le Pen. Marine Le Pen qui a succédé à son père en janvier 2010 cède la main. Les adhérents ont voté pour élire son successeur. Son nom sera connu en fin de matinée.

Ils étaient deux candidats: Louis Aliot, historique du parti et maire de Perpignan, et Jordan Bardella qui assurait déjà l'intérim depuis le début de la présidentielle et grand favori du scrutin. Le RN voulait donc faire de son congrès, qui se tient toute la journée à la Maison de la Mutualité, à Paris, un moment fort.

Le dérapage, scénario redouté par Bardella

Sauf que l'incident en séance du député RN Grégoire de Fournas à l'Assemblée abîme la belle image de renouvellement que voulait donner le RN ce samedi. Un dérapage, à quelques jours de son élection, c'était d'ailleurs le scénario que redoutait le plus Jordan Bardella.

Il ne donnait plus d'interview et les journalistes qui ont échangé avec lui ont pu noter qu'il pesait chacun de ses mots. Sauf que la sortie de route n'est pas venue de lui, mais d'un député, et prouve encore et toujours que s'il est élu ce matin, Jordan Bardella aura à charge de poursuivre l'entreprise de dédiabolisation du parti.

Marine Le Pen, objectif 2027

Dans les faits, Marine Le Pen restera la patronne, avec pour objectif l'élection présidentielle de 2027. Jordan Bardella, son successeur présumé, sera derrière, gérera les affaires courantes. Mais les têtes pensantes du parti préviennent: gare à l'excès de confiance pour le député européen.

"Il a beau gagner la tête d'un parti à moins de 30 ans, s'il cherche à prendre la place de Marine, il se fera laminer dans la minute" prévient l'un d'eux.

Jordan Bardella aura aussi besoin de se trouver une terre d'élection dit un cadre frontiste, qui ajoute que "contrairement à Marine, il donne encore trop l'impression d'être hors sol".

Cyprien Pézéril