RMC

"Benoît Hamon permet à la fois de porter des idées de gauche et de les amener au gouvernement"

Une semaine après sa victoire à la primaire PS élargie, Benoît Hamon a été investi dimanche à la Mutualité par un Parti socialiste qui se remet à espérer pour 2017. Car pour Olivier Faure, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, l'ancien ministre de l'Economie est en capacité de rassembler le parti.

Porté par des sondages à sa faveur, Benoît Hamon se garde d'incarner "l'homme providentiel", figure qu'il laisse à ses deux concurrents: Jean-Luc Mélenchon à sa gauche et Emmanuel Macron à sa droite. Une semaine après sa victoire à la primaire PS élargie, le candidat socialiste a été investi dimanche à la Mutualité par un PS qui se remet à espérer pour 2017. Pour preuve, des frondeurs à la gauche gouvernementale: tout le monde, ou presque, a répondu présent. Même si Manuel Valls manquait à l'appel ainsi que la plupart des ténors du gouvernement, qui attendent de voir.

Dès lors, une question se pose: Benoît Hamon peut-il rassembler la gauche? "C'est possible, estime ce lundi dans Bourdin Direct, Olivier Faure, président du groupe PS à l'Assemblée nationale. J'en suis d'ailleurs la démonstration puisque Benoît Hamon n'était pas mon candidat mais que je reconnais sa victoire et la dynamique qu'il a su créer derrière lui sur des thèmes nouveaux qui peuvent rassembler". "Il ne s'agit pas de conversion mais de se dire que la gauche n'a jamais été autant en capacité de se rassembler", poursuit encore le député de Seine-et-Marne.

"Quelque chose se passe"

"La gauche ne peut gagner que quand elle rassemble. C'est donc ce qui est aujourd'hui nécessaire si nous voulons éviter le pire, c’est-à-dire la victoire de Marine Le Pen", insiste Olivier Faure. (…) "Quand, élection après élection, nous perdons et que, suite à une primaire, un candidat arrive à créer l'intérêt et l'adhésion, je me dis qu'il y a quelque chose qui se passe et que je ne peux pas passer à côté, affirme-t-il encore. Pour moi, être de gauche c'est entre dans le combat. Et c'est ce que je reconnais à Benoît Hamon et c'est la raison pour laquelle je le soutiens sans réserve".

Enfin, quid d'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon? "Je ne crois pas que celui-ci ait envie d'abandonner une tribune, déclare le président du groupe PS à l'Assemblée. Mais la vraie question est de savoir si l'on veut le suivre dans la résistance qu'il appelle, meeting après meeting. Moi, je ne suis pas pour la résistance mais pour la conquête. La résistance est une attitude défensive, qui stérilise les voix qui se portent sur vous. Mais Benoît Hamon a une vertu: il permet à la fois de porter des idées de gauche et de les amener au gouvernement."

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin