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Présidentielle: "pas de victoire de la gauche sans candidature commune Hamon, Jadot, Mélenchon"

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Les appels en faveur d'une candidature commune à gauche entre Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon se multiplient, entre pétition citoyenne et tribune publiée par des parlementaires. Ceux qui soutiennent cette idée, comme Noël Mamère ou Gérard Filoche préviennent sur RMC: il n'y a pas le choix.

Alors qu'à droite on commence à envisager un plan B pour remplacer François Fillon, ébranlé par les révélations du Canard Enchaîné, dans la course à la présidentielle, à gauche, on s'interroge sur l'opportunité de faire une candidature unique. Depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire à gauche, le candidat a clairement annoncé sa volonté de se rassembler avec ses homologues Yannick Jadot (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), en leur proposant un contrat de gouvernement.

Et il n'est pas le seul. Des appels se multiplient en faveur d'un rapprochement de toute la gauche derrière un projet commun et une candidature unique à la présidentielle. Plusieurs parlementaires ont publié une tribune mardi, une cinquantaine de chercheurs et de militants des mouvements sociaux ont lancé un appel, le Parti communiste a estimé mardi possible de construire un "pacte de majorité", enfin, une pétition citoyenne, mise en ligne il y a une semaine a déjà recueilli plus de 40.000 signatures.

"Ce serait trop bête de passer à côté de ça"

Hamon, Jadot, Mélenchon… trois candidats qui ont trop de points communs pour faire la route en solitaire, selon Tiphaine, sympathisante de la France insoumise. "On constate qu'on a des convergences très importantes: sur la VIe République, sur la transition écologique. Si ces trois candidats arrivent à se mettre d'accord, oui, je pourrais voter pour cette candidature-là. Ce serait enthousiasmant!", fantasme-t-elle.

Même son de cloche du côté de Frédéric, sympathisant écologiste qui estime que c'est la seule chance pour la gauche de passer le premier tour de la présidentielle. "Concrètement, s'ils s'alliaient, il y aurait peut-être une chance de finir premier ou deuxième au premier tour de la présidentielle. Ce serait trop bête de passer à côté de ça".

"Un rendez-vous historique"

Pour le député écologiste (non inscrit) de Gironde, Noël Mamère, un des signataires de l'appel à une alliance des trois candidats pour la présidentielle, la gauche est de toute façon vouée à l'échec si elle ne se rassemble pas. "Il n'y aura pas de victoire de la gauche s'il n'y a pas cet accord. Si la gauche reste fragmentée avec Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Melenchon auquel il faut rajouter Macron - un clignotant qui ne sait jamais s'il est de droite ou de gauche -, notre destin est scellé: nous perdrons. On peut encore gagner, mais on ne doit pas trop attendre pour que la dynamique créée par Benoît Hamon ne s'épuise pas. Les conditions sont sur la table, devant nous. A nous de les saisir, car si nous ne le faisons pas nous aurons raté un rendez-vous historique".

"Vous verrez, anticipe le socialiste Gérard Filoche, celui qui refusera cet accord va mécaniquement baisser dans les sondages. En vérité, ils ont une obligation de résultats. S'ils ne le font pas ils vont être discrédités auprès de la base".

Mardi, les discussions ont commencé entre Benoit Hamon et Yannick Jadot. Quant à Jean-Luc Mélenchon, "je vais me forcer à lui envoyer un message" a déclaré l'écologiste. Le rassemblement est encore loin d'être acquis. D'autant que parmi les élus PS, seize députés et un sénateur majoritairement issu du Pôle des Réformateurs ont signé mardi une tribune où ils affirment se mettre en "retrait" de la campagne de Benoît Hamon, jugeant "peu rassurante" la main tendue à Jean-Luc Mélenchon.

P. Gril avec Juliette Droz