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Chez Les Républicains, la parole se libère: "Fillon, ce n'était pas le bon candidat"

Les Républicains se réunissent ce lundi en bureau politique, au siège du mouvement. Déjà, certains militants et sympathisants réclament des comptes à François Fillon, arrivé en troisième position au premier tour de la présidentielle.

Pour la première fois sous la cinquième République, il n'y aura pas de candidat de la droite au second tour de la présidentielle. Et cette perspective est très mal vécue chez les Républicains. Avec 19,91% des voix, François Fillon n'arrive qu'en troisième position derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Ce n'est pas la droite qui a perdu, c'est l'incapacité qu'a eu François Fillon à porter sa propre campagne", a immédiatement réagi dimanche soir sur BFMTV Eric Woerth, député LR de l'Oise, en charge du projet de François Fillon.

"Il y aura un avant et un après cette élection"

Luc Bouard, le maire LR de La Roche-sur-Yon et soutien de Bruno Le Maire pendant la primaire de la droite et du centre, lui, est clairement "en colère" sur RMC. "Je n'ai pas voté pour François Filon, j'ai voté pour le candidat de ma famille politique, en espérant que son programme passe avant toute chose. Cela n'a pas été le cas".

"Fillon n'a sans doute pas rempli les bonnes cases pour séduire les Français. Il n'était manifestement pas le bon candidat, pas celui que les Français attendaient en tout cas".

Chez les militants aussi, la pilule a du mal à passer. Damien Laborde, militant LR de Toulouse, a une colère froide. "Il fait payer cher l'addition et il nous enlève un espoir: celui de la reconquête, qu'on attendait à la suite d'un quinquennat catastrophique de François Hollande. Tous les militants sont abasourdis, au fond du seau. Il était presque impossible de faire campagne sur le terrain. A cause des affaires, sur les marchés on nous disait: 'on n'en veut pas de votre candidat'". Il l'assure: "il y aura un avant et un après cette élection".

Tournés vers les législatives

"C'est une grande déception, il faut le reconnaître. Nous sommes aujourd'hui en convalescence, mais très rapidement, nous allons nous réunir, nous revoir, tempère Alain Leboeuf, député LR de Vendée et soutien de François Fillon. C'est dans les épreuves que l'on peut aussi mesurer la force des hommes et des idées, c'est ce que nous démontrerons".

Le député se projette déjà sur les législatives et espère imposer au futur président une cohabitation. "Dès le mois de juin, l'Assemblée nationale va être totalement renouvelée et nous allons continuer à porter nos valeurs". Le bureau politique des Républicains, ce lundi à 17h au siège du parti, s'annonce houleux.

P. Gril avec A. denet et J-W. Forquès