RMC

La contre-attaque d’Adrien Quatennens dérange: "Quand on est condamné pour ça, on baisse la tête"

Condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des violences contre son ex-épouse, le député de La France insoumise Adrien Quatennens déplore un lynchage médiatique téléguidé depuis le ministère de l'Intérieur. L'élu refuse également de démissionner.

Adrien Quatennens sort du silence. Condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des violences contre son ex-épouse lors d'une procédure de plaider-coupable, le député de La France insoumise a dénoncé un "lynchage médiatique inédit" dans les colonnes de La Voix du Nord. L'élu refuse de quitter son poste et compte bien "honorer" son mandat.

Adrien Quatennens se dit victime d'un "coup politique", "orchestré" d'après lui depuis le ministère de l'Intérieur. L'élu affirme enfin que son ex-compagne "l'a ouvertement menacé de détruire son engagement politique" dans le cadre de leur divorce.

"Nous, les avocats, on dit souvent qu’on n’a pas de pire ennemi que notre client et je plains l’avocate d’Adrien Quatennens", assure ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules" l'avocate Marie-Anne Soubré qui estime que la peine prononcée, quatre mois de prison avec sursis, pour une gifle et pour quelqu'un qui n'a pas de casier judiciaire, est "énorme". "Ce n'est pas une simple gifle, c’est tout un contexte que sa femme a décrit", estime-t-elle.

"Il a été jugé sur un fait, il y aura peut-être des poursuites sur tout le reste, on est sur quelque chose d’à mon avis plus gros que la gifle isolée. Quand on est condamné pour ça, on baisse la tête. Et lui, il fait tout le contraire, il se pose en victime, il est arrogant ", ajoute Marie-Anne Soubré sur RMC et RMC Story.

"Adrien Quatennens devrait se mettre en retrait de lui-même"

Car l'élu n'en démord pas: "Jusqu'où devrais-je verser dans l'impudeur pour rétablir mon honneur?", s'interroge Adrien Quatennens dans La Voix Du Nord. "Faut-il que je dévoile nos photos et nos échanges pour prouver que le climat qu'elle décrit ne correspond pas à la réalité?", ajoute-t-il, déplorant une "réécriture malhonnête" de l'histoire et refusant de démissionner.

"Il a été jugé et a reconnu sa culpabilité", tacle l'avocate Marie-Anne Soubré. "La peine est discutée et acceptée, il y a eu une discussion entre l'avocate et le procureur, il doit s’en tenir", rappelle-t-elle.

"On rentre dans le sordide. C'est la victime qui devient l'agresseur", juge le cheminot Bruno Poncet.

"Depuis le départ, on l'a un peu zappée. Elle a été humiliée par ce qu'a fait son mari mais aussi par (Jean-Luc) Mélenchon, qu'elle connaissait. Je ne pense pas qu'elle a déballé sa vie privée par gaîté de cœur. C'est elle la vraie victime et on est train de la faire passer pour la méchante. Adrien Quatennens, aujourd'hui, manque de noblesse. Il devrait se mettre en retrait de lui-même", ajoute le syndicaliste.

Sur le plateau des "Grandes Gueules", on déplore aussi le rôle de La France insoumise, qui vient de prononcer une radiation de quatre mois du député du groupe, le temps de sa condamnation donc. "Ils avaient enfin l’occasion de prouver que les violences faites aux femmes étaient importantes pour eux et ils ne l'ont pas fait. Il y en a un qui est arrogant et son parti est hypocryte et cynique", déplore Marie-Anne Soubré.

Les déclarations d'Adrien Quatennens ont déjà eu des répercussions. Dans la foulée des accusations d'une intervention du ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin a annoncé son souhait de porter plainte pour diffamation.

G.D.