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Manuel Bompard va prendre la tête de la France insoumise en pleine restructuration

Le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon,  Manuel Bompard (G)aux cotés du candidat à la présidentielle de La France Insoumise (LFI)à Marseille le 27 mars 2022

Le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard (G)aux cotés du candidat à la présidentielle de La France Insoumise (LFI)à Marseille le 27 mars 2022 - CLEMENT MAHOUDEAU © 2019 AFP

Le proche de Jean-Luc Mélenchon Manuel Bompard devrait prendre les rênes de La France insoumise, qui réunit ses cadres et militants samedi à Paris afin de valider la restructuration du mouvement à l'étude depuis plusieurs semaines.

Le député des Bouches-du-Rhône Manuel Bompard a annoncé ce jeudi qu'il allait "probablement assumer" la direction opérationnelle de LFI, assurée collégialement depuis la démission en septembre d'Adrien Quatennens, qui a avoué des violences conjugales. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon sera chargé de coordonner les différents "espaces" et "pôles" du mouvement, dont les responsables, des binômes paritaires, seront aussi annoncés samedi, dans une grande restructuration qui se finalise.

Alors que les autres partis de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) - PS, EELV, PCF - ont amorcé leurs congrès respectifs, lors desquels leurs dirigeants sont élus, LFI procède par "consensus" des cadres dans les désignations, indique Manuel Bompard.

"Il n'y a pas d'élection car le niveau d'exigence pour animer les pôles et les représenter aux réunions régulières est élevé", justifie-t-il.

Ruffin membre d'un "conseil politique"

Cette participation assidue est la raison officielle pour laquelle le député électron libre François Ruffin, peu investi jusque-là dans les instances, ne sera pas dans la direction opérationnelle. "A titre personnel, j'ai plaidé pour que François Ruffin soit dans la direction parce qu'il est une figure importante du mouvement", très active ces dernières semaines pour en infléchir la ligne, confie la députée Clémentine Autain.

Mais le député de la Somme fera néanmoins partie d'une nouvelle instance, le "conseil politique", souligne Manuel Bompard, ce que confirme l'entourage de François Ruffin. Le conseil sera dédié à la discussion stratégique et composé d'élus, cadres et personnalités.

Un mouvement qui "va changer de nature"

Les Insoumis continuent ainsi de privilégier la forme du mouvement, différent d'un parti. "La démocratie ne passe pas juste par des votes, nous procédons par consensus. Nous voulons nous protéger au maximum de l'affrontement entre une majorité et des minorités" propre aux partis, défend Manuel Bompard.

"Qui décide, telle est la question", qui taraude beaucoup de militants, rapporte un élu en privé. Mais le mouvement, "qui a une dimension expérimentale", va "changer de nature", promet Manuel Bompard. Des boucles départementales vont permettre aux groupes d'action locaux, jusque-là autarciques, de communiquer entre eux. LFI fait aussi un pas vers une forme de cotisation avec la possibilité de "contributions volontaires", dont les militants pourront décider de l'affectation - campagnes nationales, groupes d'actions locaux...

Néanmoins, une petite part sera automatiquement versée dans une caisse de péréquation, qui assurera des ressources aux départements moins bien lotis. LFI va acheter des locaux dans les zones rurales et péri-urbaines pour tenter d'y rivaliser avec le Rassemblement national.

Une école des cadres pour former les dirigeants de demain

Une école des cadres va en outre être créée, afin que le mouvement dispose d'un nouveau vivier où puiser ses dirigeants. "La direction a été happée, tous les cadres ont été élus députés, dans une législature très intense" qui laisse peu de temps à consacrer à LFI, explique l'élu cité plus haut.

Jean-Luc Mélenchon, lui, devrait être présent samedi pour s'adresser aux 160 participants de l'Assemblée représentative - un tiers de cadres, deux tiers de militants tirés au sort. Celui qui ne s'est pas représenté aux législatives y entérinera son nouveau rôle "en retrait", en prenant dans les prochaines semaines la direction de l'Institut La Boétie. Il veut rester "clé de voûte" mais moins directement "acteur", analyse un très proche du tribun insoumis, candidat par trois fois à la présidentielle, et qui a assuré qu'il souhaitait être "remplacé" pour 2027.

Maxime Martinez et Pierre Bonneyrat avec AFP