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La grève générale voulue par Sandrine Rousseau est-elle possible? "La situation est très chaotique"

La députée EELV-Nupes de Paris, Sandrine Rousseau, estime que le mouvement de grève parti des raffineries doit s'étendre au reste du pays. Une issue rééllement envisageable dans les prochaines semaines?

Vers un blocage encore plus généralisé du pays? La députée écologiste Sandrine Rousseau a appelé ce mercredi à "la grève générale", espérant que le mouvement de grève dans les raffineries et dépôts de carburants chez TotalEnergies et ExxonMobil provoque une "étincelle".

"J'espère que ce sera l'étincelle qui déclenchera un mouvement de grève générale parce que la colère dans le pays est telle que je pense qu'il y a vraiment matière à bloquer et à changer les politiques libérales qui sont mises en place par le gouvernement", a déclaré la députée EELV de Paris à franceinfo.

"On dit depuis maintenant des années que les mouvements sociaux ne servent à rien mais là, on s'aperçoit que ça sert à quelque chose", a-t-elle ajouté.

Périco Légasse: "La situation est très chaotique et je pense que tout peut arriver"

Les salariés de six des sept raffineries de France ont voté ce mercredi à l'aube la poursuite de la grève pour obtenir de meilleurs salaires, prolongeant la pénurie de carburant qui affecte le pays tout entier. Peu après 9h, le gouvernement a lancé, comme il l'avait menacé la veille, la réquisition des personnels du dépôt d'ExxonMobil de Gravenchon-Port-Jérôme (Seine-Maritime).

Interrogée sur la marche du 16 octobre, à l'appel des partis de gauche alliés au sein de la Nupes, Sandrine Rousseau a estimé que son message était de dire "qu'il n'y a pas de fatalité dans les problèmes que connaissent les Français et Françaises aujourd'hui pour remplir leur frigo, autant que pour payer leurs factures". "Il y a de l'espoir il y a vraiment quelque chose d'autre à faire pour que le pays aille mieux", craint-elle.

Réagissant à cet appel, le chroniqueur Périco Légasse estime dans Estelle Midi sur RMC que la situation est en effet inflammable dans le pays:

"Il faut que la redistribution des richesses soit faite. C'est très chaud, les conditions sont en train de se réunir pour qu'il y ait une aggravation de la fracture sociale. La situation est très chaotique et je pense que tout peut arriver", avance-t-il.

"La grève chez Total, ça me motive, pourtant je ne fais jamais grève"

De nombreuses professions, où la situation est tendue en raison de la conjoncture actuelle, s'interrogent sur cette possibilité évoquée par Sandrine Rousseau. Auditeur de RMC, Cédric travaille en tant que chauffeur de bus à la RATP depuis 15 ans, et estime également qu'à un moment donné, "il faut que ça bouge".

"C'est peut-être le moment de s'unir et que nos revendications soient au moins entendues, car on n'est même pas écouté. Pour nous, le métier s'est tendu ces dernières années et il ne se passe rien. La grève chez Total, ça me motive, pourtant je ne suis pas un gréviste je ne fais jamais grève, mais je me dis qu'il faut que ça bouge."

"Dans ce pays, pour être entendu, il faut bloquer comme chez Total"

Chauffeur de poids lourds et syndiqué FO-Transports, Martial a lui fait part d'une colère noire, et explique que son syndicat appelle à la grève du 17 octobre au 23, espérant que les autres syndicats le suivent pour "tout bloquer".

"Que les grévistes continuent ! On veut le minimum, on veut 10% d'augmentation pour au moins pallier l'inflation. J'espère qu'ensuite, à partir du 17 octobre, tout le monde va prendre cet exemple et se mettre en grève. Dans ce pays, pour être entendu, il faut bloquer comme chez Total", lance-t-il.

"La grève générale, c'est un peu un mythe"

Jean-François Amadieu, sociologue et professeur à l'université Paris I, tempère sur la possibilité d'une grève générale dans les prochaines semaines, mais estime que le mouvement de contestation peut tout de même se répandre à d'autre secteurs d'activités.

"Un grève générale, c'est peu probable. En revanche, que dans beaucoup d'autres secteurs ou entreprises, il y ait d'autres grèves, c'est tout à fait possible. Cela pourrait être chez les routiers à cette saison. C'est plutôt diverses grèves dans différentes entreprises qui sont en capacité financière de céder aux revendications. La grève générale, c'est un peu un mythe".

J.A.