RMC

La Nupes prépare sa marche contre la vie chère et redoute un flop

Une marche contre la vie chère, organisée par la Nupes, est organisée le 16 octobre prochain entre Nation et Bastille. Une marche qui peine à s'organiser, car les problématiques sont nombreuses, de la place réservée à Jean-Luc Mélenchon à la capacité à mobiliser.

La Nupes prépare sa marche contre la vie chère du 16 octobre prochain. Une préparation plus que laborieuse et un sujet est particulièrement sensible: la place de Jean-Luc Mélenchon. Certains organisateurs craignent que le leader insoumis, à l'origine de cette marche, tire un peu trop la couverture vers lui dimanche prochain.

D'ailleurs, les négociations se corsent pour savoir qui prendra la parole à la fin du cortège. "Il ne faut surtout pas que ce soit le tunnel Jean-Luc Mélenchon", prévient un écologiste.

Les organisateurs se sont quand même mis d'accord sur plusieurs points. Le parcours ira de Nation à Bastille, avec quatre chars thématiques: la vie chère, les retraites, le climat et la jeunesse.

Pour se rendre à Paris, 103 bus partiront de toute la France et il faudra payer le trajet. Ce qui fait grincer des dents un des organisateurs écologiste. Pour une marche contre la vie chère, ce n'est pas l'idéal. Prix des billets, entre 5 et 50€. Et fait surprenant, le prix n'est pas fixé en fonction de la distance, mais des revenus. Que vous partiez de Lille ou de Marseille, le barème est le même.

Pour ceux qui ne pourront pas aller à Paris, LFI a finalement accepté des rassemblements dans le reste de la France, après quelques réticences. Des manifestations sont déjà prévues à Marseille, Toulouse, dans le Loir-et-Cher, et sans doute à Strasbourg.

La participation, c'est l'autre sujet tabou pour la NUPES. Personne ne se risque à fixer un objectif pour le nombre de manifestants parce que plusieurs organisateurs craignent un flop. Aucune confédération syndicale ne participera, en partie parce que Jean-Luc Mélenchon n'a rien fait pour les convaincre. "Jean-Luc n'a pas toujours mis de l’huile dans les rouages", reconnaît une cadre insoumise.

Une mobilisation restreinte?

En plus de cela, de nombreux élus critiquent le timing de cette marche, qui arrive beaucoup trop tôt selon eux. Une manifestation "d'ambiance", tacle un socialiste, et qui ne fera pas basculer le rapport de force. D'autres pointent une forme d'apathie au sein de la population. Un membre de la Nupes résume: "Les Français sont épuisés, ils n'ont plus la force de se mobiliser. Il n'y aura pas grand monde".

Et du côté des partis, les communistes ont officialisé leur participation seulement jeudi. Mais ils y vont en traînant les pieds. "Si on ne participait pas, on voyait déjà la polémique monter. Alors, on s'y résigne. Mais c'est alarmant d'en arriver là", râle un cadre communiste.

Pourtant, cette manifestation prend une importance encore plus grande pour la Nupes après la rentrée pour le moins chaotique à gauche. Il y a un double test, explique une insoumise. D’abord mesurer la colère ou la résignation de la population, et l'impact des affaires Quatennens et Bayou.

Une députée LFI l'admet: "Pour enclencher une nouvelle dynamique, il faut absolument qu'on réussisse cette marche". C'est encore loin d'être gagné.

Romain Cluzel