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Bardella ou Aliot? Pourquoi la bataille pour la présidence du RN n'est pas pliée d'avance

Deux candidats visent la présidence du Rassemblement national: Louis Aliot s’est déclaré samedi et, cette semaine, ce sera au tour de Jordan Bardella. Le vote aura lieu fin septembre.

Ce n'est pas un secret. Jordan Bardella, qui est déjà le président par interim du RN, compte bien succéder officiellement à Marine Le Pen d'ici quelques jours. Un de ses très proches conseillers confie à RMC qu'il va publier une lettre ouverte via un média et sur ses réseaux sociaux, avec une petite vidéo. Son objectif? D’abord s'adresser aux militants pour "donner sa vision, montrer que son projet, c’est d’être dans la continuité naturelle de Marine Le Pen". Et surtout, grappiller des voix en parlant aux électeurs du RN en les incitant à adhérer au parti, rapidement, avant le 26 septembre, pour qu’ils puissent voter à l’élection interne.

Tout cela, avant sa grande rentrée médiatique le dimanche 4 septembre sur BFMTV. Presque une formalité pour Jordan Bardella, puisque pour le coup, tout le monde dans son camp reconnait qu’il maîtrise l’exercice. Ensuite, il partira officiellement en campagne avec un premier grand déplacement de terrain, le 8 septembre à la fameuse Foire de Châlons-en-Champagne. Il sera accompagné de tous les députés RN du Grand Est et des élus régionaux. Une sorte de démonstration de force, pour celui qui est soutenu pour une grande majorité de la base et des cadres.

"Louis Aliot ne fait pas une candidature de témoignage"

Certains disent que c’est plié, mais chez ses soutiens, on ne veut pas crier victoire trop tôt. Un député pro-Bardella nous confiait que "contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, Louis Aliot ne fait pas une candidature de témoignage". Il a d’ailleurs des soutiens solides: tous les députés autour de son fief de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, dans l’Aude, et puis une réserve de voix du côté des barons des Hauts-de-France comme Bruno Bilde et Steeve Briois, hostiles au jeune Bardella.

Louis Aliot séduit aussi des militants issus du "canal historique" du FN. Mais c’est là tout le problème pour les soutiens de Jordan Bardella: "Avec Aliot, on reste dans notre zone de confort. Bardella, c’est la modernité, il peut nous amener un électorat supplémentaire". Ils voient en Bardella l’avenir du parti, leur président, mais pas celui de la République. "Certains font croire que le jeune loup chercherait à tuer la maîtresse, nous dit un élu du RN. Ce serait ridicule de l’imaginer candidat en 2027 si Marine veut y aller."

Hélène Terzian (édité par J.A.)